XXVIe CongrĂšs de l’ACCD’OM

Du 22 au 27 Octobre 2017
Guadeloupe

Les Motions

Discours d'ouverture de la Présidente, Madame Sophie CHARLES

Monsieur le Préfet de Région Guadeloupe, Monsieur Eric MAIRE
Monsieur le Président de la Région Guadeloupe, représenté par M. Jean Claude CHRISTOPHE, cher Jean Claude,
Madame la Présidente du Conseil départemental de Guadeloupe, Madame Josette BOREL LINCERTIN
Mesdames et Messieurs les parlementaires,
Monsieur le Président du Tribunal administratif, Monsieur Stéphane WEGNER
Monsieur le PrĂ©sident de l’Association des Maires de Guadeloupe, Monsieur Jean Claude PIOCHE
Honorables invités de la Jamaïque,
Mesdames et Messieurs les partenaires de l’ACCD’OM,
Mesdames et Messieurs les Maires et PrĂ©sidents d’intercommunalitĂ©s,
Mesdames et Messieurs les élus, chers congressistes,
C’est avec un grand plaisir que je vous accueille ici en Guadeloupe pour la tenue de notre 26e congrĂšs de l’association des communes et collectivitĂ©s d’Outre Mer.
Vous savez que ce congrĂšs est un peu hors norme car nous avons l’habitude de le tenir la semaine prĂ©cĂ©dant celui de l’AMF. J’ai bien notĂ© le souci que cela pose à certains d’entre vous qui souhaiteraient pouvoir participer aux deux manifestations et la difficultĂ© d’un double dĂ©placement Ă  quelques semaines d’intervalle.
Nous en tiendrons compte à l’avenir.
Permettez-moi tout d’abord d’avoir une pensĂ©e pour les victimes des deux ouragans qui ont frappĂ© la rĂ©gion CaraĂŻbes rĂ©cemment. Nous avons maintes fois par le passĂ© rĂ©flĂ©chi et dĂ©battu sur la problĂ©matique des risques naturels dans nos rĂ©gions respectives et il faudra encore mettre le doigt sur nos attentes en tant que responsables locaux.
Merci à vous élus de Martinique, de Guyane, de La Réunion, de Mayotte, de Saint Pierre et Miquelon, de Nouvelle Calédonie et de Polynésie Française, ceux de ces deux derniers territoires étant ceux qui ont fait le plus long déplacement, pour votre présence ici. Merci à nos amis et partenaires qui ont fait le déplacement de Paris. Et merci aux élus de Guadeloupe qui nous
accueillent dans leur territoire.
Bien qu’elle avait souhaitĂ© ĂȘtre prĂ©sente, malheureusement Madame Annick GIRARDIN, n’a pu se joindre Ă  nous compte tenu des nombreux dĂ©placements qu’elle a fait rĂ©cemment dans la rĂ©gion en raison de l’actualitĂ© tragique Ă©voquĂ©e prĂ©cĂ©demment mais l’Etat est bien prĂ©sent avec son reprĂ©sentant dans la rĂ©gion, Monsieur le PrĂ©fet Eric MAIRE que je remercie pour sa collaboration dans l’organisation de notre manifestation et la participation de ses services dans nos diffĂ©rents ateliers.
Avec le bureau de l’ACCD’OM, nous avons souhaité mettre en avant une rĂ©alitĂ© de nos territoires Ă  travers le thĂšme choisi : « SociĂ©tĂ©s et gĂ©nĂ©rations ultramarines en évolution, quelles perspectives ? ». Certains territoires ont une population jeune avec toutes les problĂ©matiques que cela pose en terme de scolaritĂ©, de formation, d’emploi, de logement, d’animations pendant que d’autres rencontrent tout autant de problĂšmes mais avec une population vieillissante. C’est nous Ă©lus, aux diffĂ©rents Ă©chelons de responsabilitĂ© que nous occupons qui devons rĂ©pondre Ă  ces attentes et nous avons le devoir d’anticiper. Dans ce cadre, le partage des expĂ©riences des uns et des autres est une opportunité pour avancer mieux et plus vite.
Nous travaillerons Ă©galement sur la problĂ©matique des finances, le nerf de la guerre comme on dit. Merci au SĂ©nateur Georges PATIENT pour sa participation ainsi qu’à l’AFD et Ă  la CDC dont nous accueillons avec plaisir le Directeur du rĂ©seau et des territoires M. Marc ABADIE. Pour la petite histoire, celui a participĂ©, avec d’autres fonctions, Ă  notre congrĂšs en 2000 Ă  La RĂ©union. Merci Ă  la CDC et Ă  l’AFD pour leurs soutiens.
Sur ce thĂšme des finances, les collectivitĂ©s des Outre Mer font de leur mieux avec les moyens dont elles disposent et je voudrais rappeler que nos Ă©lus se forment Ă  l’école de la rĂ©alitĂ© quotidienne. Comme nous avons eu l’occasion de le dire dans un congrĂšs prĂ©cĂ©dent, il faut comparer ce qui est comparable. Or la situation de dĂ©part des collectivitĂ©s ultramarines, de mĂȘme que la situation actuelle, n’est en rien comparable Ă  celles de l’hexagone et nous comprenons difficilement que systĂ©matiquement, nous soyons mis à l’index Ă  partir de ces comparaisons. Nous sommes à l’écoute des conseils et demandeur d’un partenariat dans ce domaine. C’est pour cela que nous invitons systĂ©matiquement les chambres des comptes à participer Ă  nos congrĂšs.
A noter un élément particulier de notre congrÚs 2017 qui sera la tenue, cet aprÚs-midi, des 3emes rencontres des Centres de gestion des Outre Mers.
La culture est un Ă©lĂ©ment incontournable de toute sociĂ©tĂ© et nos sociĂ©tĂ©s ultramarines, de par le brassage qu’il a occasionnĂ©, est particuliĂšrement riche dans ce domaine. Il nous appartient d’en prendre conscience et de le mettre en valeur. Trois exemples vous seront prĂ©sentĂ©s, le Gwoka en Guadeloupe, le Ori Tahiti en PolynĂ©sie française et le Maloya Ă  La RĂ©union. J’espĂšre que chacun d’entre nous sera pleinement conscient en sortant de nos travaux de cette richesse et de la nĂ©cessitĂ© de la mettre en valeur.
Dans le cadre d’un nouveau partenariat, le cluster GAT CaraĂŻbes prĂ©sidĂ© par Mme Sandra CASANOVA, que nous remercions pour sa prĂ©sence, animera un atelier avec comme objectif de dĂ©velopper l’intĂ©gration économique rĂ©gionale par l’innovation Ă  travers notamment la mise en rĂ©seau des acteurs Ă©conomiques et du soutien logistique. L’exemple de la CaraĂŻbe est tout à fait reproductible dans chacune de nos rĂ©gions respectives.
THANKS TO PROFESSORS PINNOCK AND AJAGUNNA TO BE HERE WITH US.
L’AFCCRE (l’association française des communes et rĂ©gions d’Europe), l’un de nos partenaires, par la voix de Monsieur Christophe MOREUX, animera pour sa part un atelier sur l’Europe aprĂšs que notre ami Bruno GARNIER, ingĂ©nieur en Ă©nergie, nous aura proposĂ© de crĂ©er des emplois et de la richesse en rĂ©duisant nos dĂ©chets.
Nous aurons une séquence développement durable avec notre partenaire les Eco Maires dont la déléguée générale, Mme Maud LELIEVRE nous présentera le sujet : « Biodiversité, une chance et des financements pour les Outre Mer ».
Un remerciement aussi à nos partenaires de CITEO et de SUEZ qui pourront échanger également avec vous.
Autre sujet d’actualitĂ© qui ne sera pas oubliĂ©, les Assises des Outre Mer qui feront l’objet d’une prĂ©sentation par Monsieur Olivier SERVA, DĂ©putĂ© de Guadeloupe et PrĂ©sident de la DĂ©lĂ©gation Outre Mer de l’AssemblĂ©e Nationale, Merci Monsieur le PrĂ©sident, et par Madame HĂ©lĂšne VAINQUEUR, DĂ©putĂ©e de Guadeloupe et jusqu’à il y a peu, PrĂ©sidente du Centre de Gestion.
Nous découvrirons la Guadeloupe au gré de nos déplacements et je voudrais en particulier remercier ici nos différents hÎtes.
La CollectivitĂ© dĂ©partementale et sa prĂ©sidente, Madame Josette BOREL LINCERTIN qui nous accueille aujourd’hui. Sachez que vous serez la bienvenue parmi nous comme vous en aviez exprimĂ© l’éventualitĂ© et le souhait en dĂ©but d’annĂ©e.
La commune de Baillif et son Maire, Ă©galement vice PrĂ©sidente de l’ACCD’OM, Madame Marie-Yveline PONTCHATEAU.
Monsieur le Préfet qui nous accueillera ce soir pour un cocktail républicain, respectant en cela une tradition fermement établie dans tous les territoires.
La commune du Moule et son Maire, Madame Gabrielle LOUIS CARABIN sans oublier le 1er adjoint M. Pierre PORLON.
Le Maire du Gosier, Monsieur Jean Pierre DUPONT et son adjoint, ancien prĂ©sident de l’ACCD’OM, notre ami Jean Claude CHRISTOPHE.
Le Maire de Saint Claude, Monsieur Elie CALIFER et son adjointe, Lucie WECK MIRRE qui est également trésoriÚre de notre association.
Le PrĂ©sident de la RĂ©gion Guadeloupe, Monsieur Ary CHALUS, et son cabinet qui, nous l’espĂ©rons et comme il nous avait indiquĂ©, nous rejoindra l’annĂ©e prochaine.
Le Comité du Tourisme de Guadeloupe pour son aide et son partenariat.
Le PrĂ©sident de l’Association des Maires, Monsieur Jean Claude PIOCHE et ses collaborateurs.
Un remerciement particulier au Centre de gestion de la Guadeloupe et Ă  sa directrice qui a Ă©tĂ© d’une aide plus que prĂ©cieuse. Je salue et fĂ©licite la nouvelle PrĂ©sidente, Madame Denise BLEUBAR, qui connaĂźt notre association.
Merci bien sĂ»r Ă  tous les diffĂ©rents intervenants que je n’ai pas pu citer tous et Ă  toutes celles et tous ceux qui, dans l’ombre des dĂ©cideurs, ont ƓuvrĂ© pour le succĂšs de notre manifestation.
J’ai probablement oubliĂ© de remercier certains mais sachez que nous vous sommes reconnaissants pour votre soutien.
Vous aurez notĂ© que notre magazine Outremag ne figure pas, comme d’habitude, dans les documents qui vous ont Ă©tĂ© remis. Je vous assure que vous pourrez le trouver en format numĂ©rique sur la clef USB qui vous a étĂ© remise. C’est une nouveautĂ© de nos congrĂšs, dorĂ©navant, nous limiterons le papier, dĂ©veloppement durable oblige, pour vous offrir plus en numĂ©rique.
Pendant une semaine nous allons Ă©changer, mettre en avant les problĂšmes spĂ©cifiques que nous rencontrons et au final exprimer un certains nombres d’attentes au travers des motions que vous proposerez au vote du congrĂšs. Soyons inventifs et crĂ©atifs, je compte sur vous.
Je vous remercie de votre attention. Je dĂ©clare ouvert le 26e congrĂšs de l’ACCD’OM et nous souhaite Ă  tous de fructueux travaux.
Vive les Outre Mer et vive l’ACCD’OM !

Sophie CHARLES

PrĂ©sidente de l’ACCD’OM

Discours d'ouverture de la Région Guadeloupe, M. Jean Claude CHRISTOPHE

XXVIe Congrùs de l’ACCDOM
Lundi 23 Octobre 2017
Discours du représentant du
Conseil Régional de la Guadeloupe, M. Jean Claude CHRISTOPHE

  • — Mesdames et messieurs les Ă©lus,
    Mesdames et messieurs en vos grades et qualités,
    Chers congressistes,
    Chers invités,
    ***********************
    Permettez-moi en premier lieu, de vous souhaiter, au nom du Conseil Régional de la Guadeloupe et des Guadeloupéens, un
    accueil chaleureux au sein de notre archipel.
    En créole, nous dirions tous, à quelques mots prÚs, nou kontan vwÚ zot!
    La Guadeloupe est fiĂšre de vous recevoir et nous faisons le voeu que ce CongrĂšs rĂ©ponde Ă  l’ambition de conjuguer harmonieusement, sĂ©ances de travail et dĂ©couverte de nos Ăźles.
    Le thĂšme « SociĂ©tĂ©s et gĂ©nĂ©rations ultramarines en Ă©volution, quelles perspectives? » que vous avez choisi, s’inscrit en parallĂšle des Assises de l’Outre-mer; dans un contexte marquĂ© par l’application de l’Acte III de la dĂ©centralisation dont les fondements reposent sur la loi du 7 aoĂ»t 2015 dite la Loi NOTRĂ©.
    Cette rencontre se dĂ©roule dans une atmosphĂšre politique qui est aussi tendue, puisque comme vous le savez, le dernier congrĂšs des RĂ©gions de France a donnĂ© lieu Ă  une rupture du dialogue entre l’Etat et les RĂ©gions.
    Une rupture consĂ©cutive Ă  la suppression de 450 millions d’euros de dotations liĂ©es aux transferts des compĂ©tences.
    Une rupture aussi liĂ©e aux baisses successives des dotations de fonctionnement octroyĂ©es par l’Etat et aux annonces de mesures suscitant des questions liĂ©es aux dispositifs d’aides liĂ©es à l’emploi.
    En Guadeloupe, le sujet des emplois aidĂ©s a fait dĂ©bat. A cela, on peut Ă©galement ajouter la critique des Ă©lus locaux sur la gestion par les instances de l’Etat des rĂ©centes catastrophes naturelles.
    « SociĂ©tĂ©s et gĂ©nĂ©rations ultramarines en Ă©volution, quelles perspectives? » nous offre l’opportunitĂ© de nous interroger sur
    l’évolution des conditions de vie des Français rĂ©sidant en Outre-mer et des gĂ©nĂ©rations Ă  venir.
    Questionnement sans doute irrationnel, vu de l’extĂ©rieur, car nous sommes Français, et donc citoyens Ă  part entiĂšre d’une
    Nation, dont la douce devise est « Liberté, Egalité, Fraternité ».
    Cependant, aujourd’hui, Ă  l’ouverture du XXVIe CongrĂšs de l’ACCDOM, il s’agit bien de cette irrationalitĂ© qui nous interpelle. Tant nous sommes la preuve de ces antagonismes concernant le dĂ©veloppement de nos Ă©conomies, de l’amĂ©nagement de nos territoires, ou encore de la gestion des publics les plus vulnĂ©rables.
    Je pense notamment au chÎmage des jeunes, chÎmage endémique qui gangrÚne nos territoires, face à une population vieillissante de plus en plus nombreuse et dont nous aurons à prendre soin.
    Ce CongrĂšs se tient Ă©galement Ă  la suite du Caribbean Renewable Energy Forum qui s’est dĂ©roulĂ© Ă  Miami la semaine derniĂšre. Les changements climatiques et les phĂ©nomĂšnes cycloniques que nous avons connus plus tĂŽt au mois de Septembre, nous invitent Ă  rĂ©flĂ©chir autrement dans la maniĂšre d’envisager la dĂ©finition des politiques publiques, mais aussi les nouvelles dispositions concernant nos territoires.
    Plus que jamais, nous sommes convaincus que nous devons chercher des solutions audacieuses et novatrices que ce soit
    dans le domaine économique, éducatif et social, culturel, sportif, numérique et dans le domaine de la transition écologique.
    Des interrogations qui sont évidentes se posent alors :
    – Quels sont les enjeux de la nouvelle rĂ©gionalisation?
    – Comment penser le dĂ©veloppement territorial en Ă©laborant des modĂšles qui correspondent en tout point Ă  la rĂ©alitĂ© des territoires locaux?
    – Comment envisager une rĂ©elle capacitĂ© des rĂ©gions Ă  lĂ©gifĂ©rer, en s’appuyant par exemple sur les habilitations lĂ©gislatives et rĂ©glementaires autorisĂ©es par la Guadeloupe, la Martinique et la Guyane?
    – Comment nos CollectivitĂ©s pourront respecter leurs engagements et exercer de maniĂšre efficiente les compĂ©tences qui
    leurs sont assignĂ©es, si les dotations Ă©tatiques, dans le cadre de la rĂ©duction du dĂ©ficit budgĂ©taire de l’Etat, sont constamment amenĂ©es Ă  diminuer?
    Ce sont autant de rĂ©ponses qui doivent ĂȘtre apportĂ©es cette liste non exhaustive de questions.
    Les efforts que nous faisons ne doivent pas ĂȘtre de nature à pĂ©naliser nos investissements, car il s’agit de poursuivre l’objectif du rattrapage engagĂ© depuis plusieurs annĂ©es.
    Mesdames, Messieurs, Chers participants,
    Il s’agit donc bien d’observer ces antagonismes, au cours de ce XXVIĂšme congrĂšs, qui, de part la symbolique qu’il affiche, participe Ă  l’édification de la mĂ©moire collective de l’ACCDOM.
    Cette instance de rassemblement et de dialogue, nous donne l’occasion d’en faire une rĂ©flexion stratĂ©gique, pour Ă©tablir un cahier de dolĂ©ances prospectives. C’est bien dans une dĂ©marche de continuitĂ©, s’inscrivant dans la rĂ©alitĂ© des travaux des congrĂšs prĂ©cĂ©dents, que nous entendons dĂ©fendre rĂ©solutions et motions auprĂšs des plus hautes instances de l’Etat.
    Il y a une nĂ©cessitĂ© ardente de favoriser ces rencontres. C’est cet Ă©tat d’esprit qui anime le Conseil RĂ©gional de Guadeloupe.
    Nous considérons que les élus locaux sont des outils de développement au service de nos territoires.
    Si 80% de ces revendications ont Ă©tĂ© prises en compte au cours des derniĂšres annĂ©es, c’est grĂące Ă  la construction de
    rĂ©seaux actifs mais Ă©galement d’une conscientisation des difficultĂ©s spĂ©cifiques et communes que nous partageons.
    Dans une volontĂ© commune de les dĂ©passer mais Ă©galement en tant qu’élus responsables, il nous appartient de nous
    concerter pour mettre en valeur nos territoires; de tĂ©moigner de l’ampleur de la mission que nous avons choisi d’assumer et de son importance pour l’avenir de nos concitoyens tant en Outremer que ceux rĂ©sidant en France Hexagonale.
    D’ailleurs, nous pensons que nous pouvons nous appuyer sur l’expertise offertes par nos universitĂ©s pour concevoir et mettre en oeuvre toutes les compĂ©tences assignĂ©es par la loi depuis 30 ans.
    A travers le partage d’expĂ©rience, nous donnons un sens plus profond Ă  la solidaritĂ© ultramarine et donnons vie Ă  un sentiment d’appartenance Ă  une grande communautĂ© dont le lien se renforce d’annĂ©e en annĂ©e.
    Car, nous avons des défis communs que nous devons relever ensemble.
    A ce propos, je souhaite rendre hommage au travail d’organisation rĂ©alisĂ© par le SecrĂ©taire GĂ©nĂ©ral de l’ACCDOM, Monsieur Lilian MALET, ainsi qu’à son Ă©quipe qui organisent ce CongrĂšs faisant en sorte que notre action perdure depuis maintenant 26 annĂ©es.
    Mesdames et Messieurs,
    Avec quelques 11 millions de kilomĂštres carrĂ©s de domaine maritime, les territoires d’Outre-mer procurent aujourd’hui Ă  la France le droit de revendiquer son statut de deuxiĂšme puissance maritime mondiale.
    Il n’apparaĂźt donc pas illĂ©gitime d’affirmer, chers collĂšgues, le rĂŽle dĂ©terminant de nos territoires pour l’avenir de la France et pour l’avenir de l’Europe.
    Nous devons ĂȘtre aujourd’hui pleinement conscients de notre apport et des potentialitĂ©s que nous offrons tant niveau national qu’au niveau europĂ©en.
    Ainsi, nous sommes force de proposition et devons travailler en étroite relation avec le Gouvernement: nous sommes au coeur de l’action, sur le terrain, et mieux au fait des spĂ©cificitĂ©s qui caractĂ©risent nos territoires.
    Je vous souhaite des séances de travail fructueuses,
    Merci de votre attention.

XXVIe Congrùs de l’ACCDOM
Lundi 23 Octobre 2017
Discours du représentant du
Conseil Régional de la Guadeloupe
Seul le prononcé fait foi

Présentations

Ateliers et Motions

Atelier

CONGRES ACCD’OM 2017
MARDI 24 OCTOBRE 2017
ATELIER N°2
« JEUNESSE ET VIEILLISSEMENT DE LA POPULATION
DANS LES SOCIETES ULTRA-MARINES »

Animateurs : M. BONTĂ© : PrĂ©sident de l’Association des Maires de Martinique
Marie-Louise THIBET : Directrice générale des services du CDG 971
Rapporteur : Ludovic SALMIER – Chef de pîle TIC du CDG 971
Intervenants :
– GĂ©rald SERVANS : Chef UnitĂ© Etudes et Diffusion Insee – Guadeloupe
– Josiane JEGU : Directrice de l’IREPS (Instance rĂ©gionale d’éducation et de
promotion de la santé)
– Raoul LEGBA : Responsable projet / Formateur IREPS
– Jean-Yves DUPONT : Chef de projet IBM
– Docteur Corinne SAINTE – LUCE : MĂ©decin gĂ©riatre
– Ketty ROMANA : Directrice d’EPHAD
– Raphael LARCHER : Chef de projet ARS (Agence rĂ©gionale de santĂ©)
– Claire CHOVINO : CCAS de Morne-Ă -l’Eau
Participants : 42
****
SynthÚse des échanges :
L’atelier s’est ouvert sur une prĂ©sentation par l’INSEE des tendances
démographiques dans les outre-mer.
Cette étude inédite (la publication officielle est prévue pour décembre 2017)
permet de relever deux tendances majeures :
– Un retournement dĂ©mographique dans certains territoires : notamment Ă 
Saint-Martin et en Martinique. Il s’amorce en Guadeloupe.
– A contrario, Mayotte, la Guyane connaissent une croissance continue de
population.
L’INSEE constate une tendance gĂ©nĂ©rale Ă  la baisse de la croissance
démographique :
– Population vieillissante sur l’ensemble des territoires. L’augmentation de
l’espĂ©rance de vie des sĂ©niors s’accompagne d’une baisse des naissances.
– DĂ©ficit migratoire : dĂ©part des jeunes et retour ou maintien des sĂ©niors.
En Guadeloupe d’ici 2030 la part de la population jeune aura substantiellement
diminué. En 2050, les séniors de plus de 65 ans représenteront plus de 40 % de
la population (contre 20% aujourd’hui) – et le moins de 20 ans reprĂ©senteront
moins de 20%.
L’installation progressive du vieillissement de la population gĂ©nĂšre de nouveaux
enjeux :
– Une nĂ©cessaire Ă©volution structurelle des Ă©quipements : Ă©tablissements
d’accueil, adaptation des logements 

– Un besoin d’une offre de transports pour les dĂ©placements quotidiens ;
– Une demande d’évolution des biens et services

Au plan Ă©conomique, les Ă©lus ultra-marins s’accordent Ă  dire qu’il faut anticiper
les conséquences de ce vieillissement :
– le niveau de revenu des sĂ©niors est mĂ©caniquement plus bas ;
– la structure des mĂ©nages change : le nombre de personne composant le
mĂ©nage diminue avec l’ñge (dĂ©part des enfants, dĂ©cĂšs de l’un des
conjoints;
– les territoire concernĂ©s connaitront un dĂ©ficit d’actifs : pĂ©nurie d’emplois,
départ des jeunes 

Du fait mĂȘme de ce vieillissement, certains mĂ©tiers seront en tension Ă  l’horizon
2040 : 20% des mĂ©decins / infirmiers ont plus de 55 ans et seront Ă  la retraite –
Ă  rĂ©glementation constante – dans les 10 ans.
Les Ă©lus d’outre-mer estiment que l’Etat n’a pas pris la pleine mesure des
évolutions substantielles de la population.
S’agissant des mĂ©tiers en tension et dont certains sont indispensables aux
politiques publiques de maintien au domicile des personnes ùgées, de
prĂ©vention santĂ© des sĂ©niors, la rĂ©ponse apportĂ©e par l’Etat apparait tardive. Par
exemple, la levée du numérus clausus pour les écoles de médecine ne résout pas
Ă  court et moyen terme le problĂšme des dĂ©serts mĂ©dicaux plus crucial en Outremer que dans l’hexagone.
Se pose le problĂšme de l’attractivitĂ© des territoires ultra-marins pour les jeunes.
: Pourquoi les jeunes de reviennent pas dans les départements ultra-marins ?
– Certaines formations ne sont pas assurĂ©es et obligent Ă  quitter le
territoire : Par exemple, en Guadeloupe, l’universitĂ© des Antilles demande
une habilitation pour effectuer sur place la troisiÚme année de médecine ;
– La France favorise des cursus trop longs : les Ă©tudiants partent vers des
pays qui proposent pour les mĂȘmes Ă©tudes sur des durĂ©es plus courtes et
une compétence de niveau équivalent.
En mĂ©decine, l’exemple de la Roumanie qui reçoit un nombre important
d’étudiants a Ă©tĂ© citĂ© ;
– Les Ă©volutions technologiques rarĂ©fie l’emploi peu qualifiĂ© face a une
population encore trop souvent peu formée.
– Une rĂ©flexion est Ă  mener sur les mĂ©tiers en tension et l’adĂ©quation entre
l’offre de formation et les mĂ©tiers d’avenir.
– L’écart technique avec la mĂ©tropole est Ă©galement un frein au retour
quand les jeunes formés ont été habitués à un « confort technologique.
S’agissant de la pĂ©nurie de mĂ©decins Ă  titre d’exemple : Les plateaux techniques
mĂ©dicaux n’offrent pas les outils innovants disponibles en hexagone.
Le constat est fait que les médecins intéressés par une mobilité en outre-mer
sont souvent des sĂ©niors, Ă  la recherche d’un contact humain encore existant
dans les DOM et peu demandeurs des derniĂšres innovations.
Les Ă©lus ultra-marins dĂ©plorent que l’Etat n’ait pris la mesure de la fuite des
étudiants et dvers des pays qui offrent des études moins longues et moins
onéreuses.
ArĂšs ces Ă©changes suit une prĂ©sentation d’un projet menĂ© par l’IREPS en
partenariat avec le CCAS de Morne-Ă -l’Eau pour la prĂ©vention et
l’accompagnement du vieillissement.
Le projet consiste en un outil destiné aux séniors qui recueille et diffuse une
information relative Ă  la santĂ©, au « bien mangĂ© », Ă  l’activitĂ© physique et
sportive, aux « coup de main ».
Cette plateforme est à compléter avec des liens vers les structures existantes sur
la commune et offrant des prestations et services. Elle est donc personnalisable.
La problématique de départ était de mettre à portée des séniors un outil
accessible et moins porté sur la technologie et la complexité que sur la réponse
intuitive Ă  des besoins. La mĂ©thode utilisĂ©e par le partenaire de l’IREPS – IBM –
est celle du « Design thinking » qui consiste à définir une offre numérique à
partir des usages des utilisateurs.
Il s’agissait d’utiliser les outils existants pour favoriser l’accompagnement des
sĂ©niors et l’intergĂ©nĂ©rationnel.
Les élus interpellent sur :
– la difficultĂ© de transposer cet outil sur les territoires Ă  forte fracture
numérique (zone blanche) : Mayotte / Guyane,
– l’accessibilitĂ© d’un tel outil Ă  des populations connaissant un fort taux
d’illettrisme.
Le vƓu est Ă©mis que les IRPES dialoguent entre eux d’un dĂ©partement l’autre
pour permettre la mise à disposition des outils déjà développés.
Il est également suggéré que les territoires connaissant un fort retard structurel
puissent s’appuyer davantage sur l’innovation et la crĂ©ativitĂ© telles que les
dĂ©veloppent des pays Ă©mergents en Afrique notamment : A titre d’exemple de
starts up ayant créé des applications pour téléphones portables dans les terres
éloignées pour des consultations de santé à distance. Se développent sur ces
territoires des mĂ©tiers de mĂ©diation sociale basĂ©s sur l’accessibilitĂ© des TIC aux
plus anciens

Le cout de dĂ©veloppement de tels projets est abordĂ©. L’ARS prĂ©cise que des
lignes de crédit existent. Il est également possible de faire appel aux fonds
européens.
Les élus souhaitent une meilleure plus grande transparence sur les aides
disponibles et un accompagnement pour la mise en place de dispositifs
innovants susceptibles de rĂ©ponse Ă  l’accompagnement intergĂ©nĂ©rationnel et au
besoin d’emploi des jeunes gĂ©nĂ©rations.
Les représentants de Mayotte et de la Guyane insistent sur les difficultés que
connaissent leurs territoires dotés de moyens trop faibles pour répondre aux
besoins.
L’atelier se termine sur la nĂ©cessitĂ© de mutualiser les expĂ©riences.

Motions adoptées

XXVIùme CONGRES DE L’ACCD’OM 23-27 OCTOBRE 2017 – GUADELOUPE
ACCD’OM – 215 BIS, Boulevard Saint Germain – 75007 Paris
Tel : 01 53 59 58 00 – Fax : 01 53 59 58 04 – contact@france-accdom.org

Motion relative aux Finances et Ă  la Chambre des Comptes
Alors que les communes d’outre-mer se trouvent dans une impasse budgĂ©taire, la Cour des
comptes vient renforcer une vision biaisée de leur situation financiÚre disant que ces
communes, de mĂȘme que les collectivitĂ©s locales d’outremer en gĂ©nĂ©ral, seraient trop
riches et que leurs difficultĂ©s financiĂšres dĂ©couleraient d’une mauvaise gestion.
La Cour compare les ratios des communes d’outre-mer (18 000 habitants en moyenne, hors
Mayotte) avec ceux des communes de l’hexagone (1 800 habitants). Dùs lors, tous les
voyants des communes des DOM sont au rouge.
A contrario, le Rapport de l’Observatoire des finances et de la gestion publique
locale (septembre 2017) prĂ©cise que les communes d’outre-mer sont sensiblement plus
Ă©tendues et comptent en moyenne plus d’habitants, ce qui entraine des incidences
budgĂ©taires non nĂ©gligeables. De mĂȘme, il y est prĂ©cisĂ© que les DĂ©partements et RĂ©gions
d’outre-mer exercent des compĂ©tences particuliĂšres qui expliquent le volume de leur
budget. Or, la Cour effectue des comparaisons avec les collectivitĂ©s de l’hexagone en
s’affranchissant dĂ©libĂ©rĂ©ment de cette mise en garde pour conclure sur la mauvaise gestion
des Ă©lus d’outre-mer.
S’agissant des communes d’outre-mer, la Cour, en stigmatisant le haut niveau de recettes
des communes des DOM Ă©crit qu’il se rapproche de celui des communes de 10 000 habitants
et + sans (sa)voir que c’est de lĂ  justement d’oĂč vient en grande partie la prĂ©supposĂ©e
abondance des communes des DOM.
En effectuant des comparaisons avec les communes de 10 000 habitants et +, les ressources
des communes d’outre-mer sont donc au niveau de la moyenne, et ce malgrĂ© toutes leurs
charges exceptionnelles. De ce fait, il existe bel et bien un problÚme de pénurie de
ressources, aggravée par une contribution fortement disproportionnée au redressement des
finances publiques.
Prendre une telle libertĂ© avec les chiffres, de la part d’une haute institution, chargĂ©e de
veiller aux comptes publics, ne peut que surprendre.
Or, il faut du temps pour que les plus hautes instances de l’Etat finissent par admettre des
Ă©vidences quand il s’agit de l’outre-mer.
Il en est ainsi de la faiblesse des dotations de pĂ©rĂ©quation qu’aprĂšs 10 annĂ©es de lutte
acharnĂ©e des Ă©lus d’outre-mer, la Cour devient enfin la premiĂšre instance nationale Ă 
reconnaitre dans ce rapport. Il s’agit d’une avancĂ©e majeure qui devrait permettre Ă  la
péréquation de jouer un véritable rÎle compensateur face à la contribution au
redressement des finances publiques (CRFP). Pour la premiĂšre fois, une institution
nationale compare les dotations de l’outre-mer Ă  celles des communes Ă©ligibles et non pas Ă 
la moyenne nationale oĂč, par dĂ©finition, la part de l’outre-mer est supĂ©rieure vu qu’elle est
majorée de 33%. Les chiffres fournis par la Cour confortent le constat déjà établi par les
Villes capitales d’un vĂ©ritable dĂ©crochage des DOM au titre de la pĂ©rĂ©quation
verticale (DACOM) : un dĂ©calage de 50 euros par habitant par rapport Ă  l’ensemble des
communes Ă©ligibles de l’hexagone (communes cibles + autres communes), ce qui reprĂ©sente
un manque à gagner pour les DOM* de 95 millions d’euros qu’il devient urgent de
recouvrer.
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Cela confirme que depuis 3 ans, les communes des DOM ont supporté un effort beaucoup
trop lourd au titre de la CRFP eu égard à la situation de ces territoires.
Les communes et collectivités des Outre Mer réunis en congrÚs en Guadeloupe du 23 au 28
Octobre 2017
CONSTATENT que la Cour des Comptes qui ne sait que compter des chiffres et des ratios,
dans son rapport de 2011 sur les finances des communes d’outre-mer, indiquait, en faisant
des comparaisons inappropriées, que dans les DOM « la péréquation verticale par habitant
Ă©tait supĂ©rieure au montant national » et qu’aujourd’hui, six ans aprĂšs, elle
reconnait la faiblesse de la péréquation verticale que les élus ne cessaient de dénoncer
depuis plusieurs années.
CONSTATENT que le Rapport de la Cour, en continuant Ă  faire des comparaisons
inappropriĂ©es, s’évertue Ă  mettre sur le compte d’une mauvaise gestion des Ă©lus l’état
dĂ©gradĂ© des finances des collectivitĂ©s locales d’outre-mer.
PAR CONSEQUENT, FONT REMARQUER que s’il existe des dĂ©faillances administratives, elles
ne se situent pas uniquement en bout de chaine, c’est-Ă -dire en outremer au sein des
collectivités et des mairies en particulier.
CONSTATENT que l’on persiste Ă  attribuer Ă  une mauvaise gestion des Ă©lus des DOM , les
consĂ©quences non calculĂ©es d’un dĂ©sengagement budgĂ©taire de l’Etat, Ă 
travers le transfert de compĂ©tences sans compensation financiĂšre auquel s’ajoute,
aujourd’hui, une surcharge injustifiĂ©e s’agissant de la contribution Ă  la rĂ©duction du dĂ©ficit
public.
CONSTATENT la sous-représentation des élus des Outre Mer au CNFEL
S’OFFUSQUENT que l’Etat, pour financer sa politique Ă©conomique, utilise le budget des
collectivitĂ©s locales comme variables d’ajustement et dĂ©stabilise les 112 communes des
DOM tout en Ă©pargnant un tiers des communes de l’hexagone.
ESPERENT QUE, suite Ă  la reconnaissance par la Cour des Comptes de l’iniquitĂ© de la
pĂ©rĂ©quation dont pĂątissent les communes d’outre-mer, dĂšs le PLF 2018, la pĂ©rĂ©quation
nationale Ă  l’égard des communes d’outre-mer soit calculĂ©e pour au moins neutraliser la
contribution des 112 communes des DOM comme cela a été fait pour les 10.280 communes
cibles de l’hexagone (16 millions d’habitants).
ESPERENT que l’inadmissible comportement du PrĂ©sident de la Chambre rĂ©gionale des
Comptes des Antilles Guyane appelant à la subversion de la population contre ses élus, sera
considérée comme il se doit.
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MOTION RELATIVE A LA CONVERGENCE DES DOTATIONS DES
COLLECTIVITES DE MAYOTTE
Compte tenu de la transformation de Mayotte en collectivité unique exerçant les
compĂ©tences dĂ©volues aux DĂ©partements et aux rĂ©gions d’Outre-mer Ă  pĂ©rimĂštre financier
constant ;
Compte tenu des nombreuses difficultés observées sur ce chantier et rappelées par le
rapport de la Cour des comptes intitulé « la départementalisation de Mayotte : une réforme
mal préparée, des actions prioritaires à conduire » rendu public le 13 janvier 2016 ;
Compte tenu de la situation financiÚre dégradée du Département et des communes de
Mayotte dont les dotations restent infĂ©rieures Ă  celles des autres collectivitĂ©s d’Outre-mer
exerçant les mĂȘmes compĂ©tences ;
Compte tenu du manque de clarté en matiÚre de perspectives financiÚres dans lesquelles
s’inscrit la dĂ©partementalisation de Mayotte ;
Compte tenu de la nt affichĂ©e par ’Etat de mener les Outre-mer vers une a it rĂ©elle
à échéance raisonnable ;
Les Ă©lus de ’ACCD’OM, rĂ©unis en congrĂšs du 22 au 27 octobre 2017 en Guadeloupe,
x Rappellent la nĂ©cessitĂ© de la mise en Ɠu re des recommandations du rapport de la
Cour des comptes sur la départementalisation de Mayotte,
x Constatent qu’au re ard des nombreux retards des collectivitĂ©s de Mayotte, il est
nécessaire de mobiliser la solidarité nationale afin que des mesures fortes soient
prises en leur faveur dans les prochaines lois de finances en ue d’une c n er ence
effective de leurs dotations avec les standards des autres c ecti it s d’Outre-mer
exerçant les mĂȘmes compĂ©tences,
x Rappellent leur souhait de mettre en place des dotations spécifiques pour rattraper
les retards constatés dans le rapport de la Cour, (dotations dites de rattrapage),
x Demandent instamment ’inter ention de la commission consultative sur l’ a uati n
des charges pour accompagner le processus de mise en Ɠu re de a
départementalisation de Mayotte.
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MOTION RELATIVE A LA LUTTE CONTRE L’IMMIGRATION CLANDESTINE
A MAYOTTE ET EN GUYANE
Compte tenu de la pression grandissante et incontrĂŽlĂ©e de l’immigration clandestine sur le
territoire de Mayotte ;
Compte tenu de la pression de ce phénomÚne sur les services publics et sur la qualité de ces
services qui sont aujourd’hui particuliĂšrement dĂ©gradĂ©s notamment la santĂ© et l’éducation ;
Compte tenu de la nĂ©cessitĂ© d’accompagner le dĂ©veloppement Ă©conomique du territoire de
Mayotte et plus largement des Outre-mer dans un cadre apaisé et sécurisé pour les acteurs
économiques ;
Etant entendu que la lutte contre l’immigration clandestine relùve avant tout des
compétences régaliennes ;
Les Ă©lus de l’ACCD’OM, rĂ©unis en congrĂšs du 23 au 27 octobre 2017 en Guadeloupe,
x Constatent que la politique de lutte contre l’immigration irrĂ©guliĂšre actuellement en
vigueur sur les territoires de Mayotte et de la Guyane ne produit pas les résultats
escomptés ;
x Rappellent la nécessité du renforcement des moyens et dispositifs de lutte contre
l’immigration clandestine notamment Ă  Mayotte et en Guyane oĂč le phĂ©nomĂšne
impacte trop lourdement l’équilibre Ă©conomique et social des territoires ;
x Rappellent la nĂ©cessitĂ© de lutter efficacement contre l’économie souterraine y
compris en matiÚre de détournement du droit du sol ;
x Demandent instamment la mise en place d’une rĂ©flexion visant Ă  obtenir
l’intervention, Ă  terme, de l’agence europĂ©enne Frontex sur ces deux territoires et
plus largement sur l’ensemble des Outre-mer qui sont dans leurs bassins
gĂ©ographiques respectifs les portes d’entrĂ©e de l’Union europĂ©enne.
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MOTION RELATIVE A LA BIODIVERSITE
Lors de la derniÚre campagne présidentielle, le futur Président de la République
Française avait annoncĂ© la tenue d’une grande confĂ©rence internationale en outre-mer
portant sur la biodiversitĂ© et l’installation du siĂšge de l’Agence Française de la
biodiversitĂ© dans l’un de ces territoires.
Les treize territoires français de l’Outre-mer reprĂ©sentent une grande diversitĂ©
d’habitats, d’espĂšces animales et vĂ©gĂ©tales.
MĂȘme si les territoires de l’Outre-mer ne reprĂ©sentent que 0,08% de la surface terrestre
mondiale, ce sont prÚs de 3 360 plantes et 240 vertébrés connus qui sont présents
uniquement dans ces habitats.
La biodiversitĂ© riche et unique des territoires de l’Outre-mer français est cependant
menacĂ©e par la surexploitation, la pollution et la prolifĂ©ration d’espĂšces invasives. La
France occupe le 8e rang mondial des pays qui hĂ©berge le plus grand nombre d’espĂšces
menacées. La richesse et la diversité des régions naturelles ultramarines confÚrent à la
France une place importante en matiÚre de biodiversité mais aussi de préservation de
cette biodiversité.
La France s’est portĂ©e candidate pour accueillir le 25 septembre dernier le congrĂšs
international de l’UICN qui aura lieu en 2020. Selon la procĂ©dure en vigueur, le
gouvernement français a prĂ©sentĂ© sa demande d’accueillir l’évĂ©nement accompagnĂ© du
choix d’un site qui serait la ville de Marseille.
Les Ă©lus de l’ACCD’OM, rĂ©unis en congrĂšs du 23 au 27 octobre 2017 en Guadeloupe,
s’étonne du choix qui a Ă©tĂ© fait d’autant plus qu’aucun des outre-mer français n’ait Ă©tĂ©
sollicitĂ© pour proposer des modalitĂ©s d’accueil.
Regrettent que le gouvernement ait indiquĂ© qu’aucune autre manifestation n’aura lieu
sur le plan international en faveur de la biodiversité si le congrÚs annoncé se tenait à
Marseille.
Les élus rappellent également au Président de la République son engagement à installer
l’AFB en outre-mer et souhaite pouvoir en connaütre le calendrier.
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S’agissant du vieillissement des populations en Outre-mer
ConsidĂ©rant le vieillissement de la population annoncĂ© Ă  l’horizon 2020 / 2040 dans certains
territoires comme la Guadeloupe, la Martinique :
Les Ă©lus de l’ACCD’OM, rĂ©unis en Guadeloupe du 23 au 27 octobre 2017, dans le cadre du
XXVIùme congrùs de l’ACCD’OM demandent :
S’agissant des territoires à forte croissance de population
– Que l’Etat prenne la pleine mesure du vieillissement des populations de ces territoires Ă 
intervenir dans moins de cinq annĂ©es et s’engage Ă  porter une attention particuliĂšre et mettre
en Ɠuvre sans dĂ©lais :
x un plan de prévention santé à destination des séniors ;
x des mesures de renforcement des aides à l’adaptation des logements existants ;
x La mise en place d’un groupe de concertation entre les acteurs de la santĂ©, de
x l’habitat et les collectivitĂ©s territoriales sous l’égide des ARS (agences rĂ©gionales de
x santé) ;
x De renforcer notamment par un meilleur financement des IREPS
Considérant la richesse et la chance que représente une population jeune mais faisant le
constat d’une absence de perspectives en matiùre de formation et d’emploi pour cette
jeunesse, notamment dans des territoires de Mayotte, de
Polynésie et de la Guyane ;
RĂ©itĂšrent les souhaits exprimĂ©s lors du XXVĂšme CongrĂšs de l’ACCD’OM rĂ©uni Ă  Mayotte et qui
n’ont, Ă  ce jour, reçu aucune rĂ©ponse satisfaisante :
x que dans chaque territoire d’Outremer, le problĂšme des inĂ©galitĂ©s soit pris en compte
ainsi que les questions démographiques ;
x que soit mise en place d’une vĂ©ritable ContinuitĂ© territoriale pour tous ;
x que l’Etat mette en Ɠuvre un plan, notamment sur l’Education, la SantĂ©, le Logement et
les Infrastructures de base.
Les Ă©lus de l’ACCD’OM, rĂ©unis en Guadeloupe du 23 au 27 octobre 2017, dans le cadre du
XXVIùme congrùs de l’ACCD’OM demandent :
Demandent Ă  l’Etat d’assurer pleinement ses missions rĂ©galiennes en matiĂšre d’éducation et
de prévention de la santé, aux cÎtés des collectivités territoriales de ces territoires ;
Demandent que ces territoires soient une priorité pour le développement du numérique,
dans le cadre de la rĂ©publique numĂ©rique que l’Etat appelle de ses vƓux.
Souhaitent que soit renforcée la coopération régionale de proximité y compris avec les pays
voisins susceptibles de fournir des réponses plus appropriées aux problématiques
rencontrées par les territoires ultra-marins.
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MOTION RELATIVE AUX CONTRATS AIDES
Compte tenu de l’importance des contrats aidĂ©s pour les collectivitĂ©s et les associations des Outre
Mer et de la dĂ©cision unilatĂ©rale de l’Etat de les remettre en cause
Compte tenu des récentes décisions de maintien de dispositif pour certains territoires sur la base
de 2016
Les Ă©lus de l’ACCD’OM rĂ©unis en congrĂšs du 23 au 27 octobre 2017-10-27
Demandent l’Etat un traitement Ă© uitable de tous les territoires
Demandent u’avant toute remise en cause dĂ©finitive de ces contrats aidĂ©s, une solution
alternative soit mise en Ɠuvre, aprĂšs une large concertation de tous les acteurs concernĂ©s.
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Rencontre inter – CDG : « Recrutement et maintien dans l’emploi des
personnes en situation de handicap »
Les élus ultramarins présidents de centres de gestion de la fonction publique territoriale, réunis en
Guadeloupe le 23 octobre 2017, dans le cadre du XXVIùme congrùs de l’ACCD’OM ;
Constatent que dans la majoritĂ© de collectivitĂ©s territoriales des Outre-mer, le taux d’emploi des
personnes en situation de handicap est infĂ©rieur Ă  celui de l’hexagone ;
S’accordent à identifier comme des freins :
x la méconnaissance des différentes formes de handicap par les employeurs territoriaux et
les responsables des ressources humaines ;
x la difficultĂ© Ă  dĂ©dier Ă  l’inclusion des personnes en situation de handicap des rĂ©fĂ©rents
dans les collectivités territoriales ;
x la nĂ©cessitĂ© d’Ɠuvrer Ă  changer de regard sur la personne en situation de handicap et en
reconnaitre les potentialités. `
Rappelant que l’Etat assure le pilotage de la politique de l’emploi des personnes handicapĂ©es,
Souhaitent que :
x les moyens accordés aux centres de gestion et aux collectivités territoriales, notamment au
travers des conventions FIPH et du FSE, soient pérennisés et renforcés, notamment le
financement du volet « communication» des conventions FIPH doit ĂȘtre valorisĂ© pour
permettre de faire évoluer la représentation sociale et professionnelle du handicap ;
x la limite d’ñge imposĂ©e aux Ecoles de la 2Ăšme Chance basĂ©es dans les Outre- mer soient
levĂ©e quand il s’agit de favoriser l’insertion de personnes en situation de handicap ;
x la pérennité du réseau des Cap Emploi soit garantie par des sources de financements
clarifiées et une dotation et des compétences renforcées
x s’agissant des Cap Emploi implantĂ©s dans les Outre-mer: bilan de compĂ©tence, prise en
charge de l’intervention d’experts (ergonomes…)…
x Les Ă©lus ultramarins concluent Ă  la nĂ©cessitĂ© de placer le respect de l‘humain au cƓur de la
dĂ©marche d’inclusion sociale et professionnelle des personnes en situation de handicap.
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MOTION RELATIVE A LA MOBILITE
Les Ă©lus de l’ACCD’OM rĂ©unis en congrĂšs en Guadeloupe du 23 au 27 octobre 2017,
renouvellent ce e de ande e pri ée au congrÚs 201 Ma o e :
« Constatant l’inĂ©galitĂ© rappant nos popula ons en a Ăšre de con nuitĂ© territoriale s’agissant
des co ts des déplace ents, inégalité rappant égale ent les élus des Outre ers au regard des
réunions et des formations se tenant hors de leur territoire ainsi que les spor s, de ande la ise
en place d une éritable Con nuité territoriale pour tous. »

Discours de clÎture de la Présidente

Monsieur le Président du conseil Régional,
Mesdames et Messieurs les élus,
Mesdames et Messieurs les congressistes,
Nous voici arrivĂ© au terme de ce 26e congrĂšs de notre association qui, je l’espĂšre, vous laissera de bons souvenirs tant par la dĂ©couverte de la
Guadeloupe, pour la plupart d’entre nous, que par la richesse de nos travaux. Toute manifestation est perfectible mais je pense pouvoir dire que
globalement, cela s’est bien dĂ©roulĂ© et devrait bien se terminer. Personnellement, je n’ai entendu que des sentiments de satisfaction.
L’accueil a Ă©tĂ© chaleureux partout oĂč nous nous sommes rendus, les paysages de Guadeloupe, bien que secouĂ©s par les derniers ouragans, sont
magnifiques et il reste bien des choses à découvrir.
Oui nous aurions aimĂ© aller Ă  Marie Galante, dĂ©couvrir Les Saintes ou grimper sur la SoufriĂšre mais ce vƓu inassouvi est une invitation Ă  revenir.
Nos travaux ont été riches par la qualités des intervenants et des présentations mais aussi par celles de vos interventions et je pense que les
objectifs de dĂ©part ont Ă©tĂ© atteints Ă  en juger par les remarques que j’ai pu entendre ici ou lĂ . Je vous remercie tous ainsi que tous les intervenants
extérieurs et locaux.
Le magie du partage que nous appelons de nos vƓux Ă  chaque congrĂšs s’est opĂ©rĂ©e et nous nous sommes tous enrichis de nouvelles connaissances tant pour l’esprit que pour les relations humaines. Moi, comme vous trĂšs certainement, j’ai beaucoup appris, j’ai fait de nouvelles connaissances et j’ai apprĂ©ciĂ© notre diversitĂ© ultramarine Ă  travers chacun d’entre vous et Ă  travers chacun de nos Ă©changes. Nous avons regardĂ© derriĂšre nous, puisĂ© de la force dans notre passĂ© mais aussi regardĂ© autour de nous, nous armant pour mieux affronter l’avenir avec convictions. Oui, nous sommes convaincus que les Outre Mer sont une richesse pour la France et pour l’Europe, nous sommes convaincus qu’ensemble, nous pouvons aller plus vite et plus loin, nous
sommes convaincus qu’unis, nous pourrons mieux nous faire entendre et bĂątir un avenir meilleur pour les gĂ©nĂ©rations Ă  venir.
Les motions qui ont Ă©tĂ© adoptĂ©es aujourd’hui seront transmises aux diverses autoritĂ©s au niveau local de chaque territoire, au niveau national et au niveau europĂ©en. Elles seront Ă©galement Ă©voquĂ©es Ă  l’occasion du dĂźner que nous aurons au sĂ©nat le 17 novembre prochain.
En notre nom Ă  tous, j’adresse mes remerciements Ă  la Guadeloupe pour l’accueil chaleureux que nous avons reçu ici et lĂ . Nombreux sont ceux qui nous ont aidĂ©s Ă  faire de cette manifestation un succĂšs. Plus particuliĂšrement aujourd’hui au Conseil RĂ©gional de Guadeloupe et Ă  son PrĂ©sident, Monsieur Ary
CHALUS ainsi qu’à ses collaborateurs.
Il n’est pas inutile de rappeler que l’organisation de nos congrĂšs en Outre Mer est un plus indĂ©niable Ă  l’économie locale. L’hĂ©bergement, les dĂ©placements, les diffĂ©rents repas que nous partageons quotidiennement et les dĂ©penses personnelles opĂ©rĂ©es par chaque congressiste reprĂ©sente un
apport non négligeable.
Il ne me reste plus qu’à vous souhaiter un bon retour dans vos territoires. Nous nous retrouverons pour certains dans quelques semaines Ă  Paris pour notre assemblĂ©e gĂ©nĂ©rale et je l’espĂšre pour tous l’annĂ©e prochaine en Guyane. Tous les Ă©lus guyanais ici prĂ©sent se feront un plaisir de vous accueillir au 27e congrĂšs.
Vive l’ACCD’OM
Vive les Outre Mer.