XXe CongrĂšs de l’ACCD’OM

BAGNOLET

Présentation du CongrÚs

SOUS LE HAUT PATRONAGE DE NICOLAS SARKOZY, PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE

L’ACCD’OM organise son congrĂšs annuel 2011 Ă  Paris afin de s’inscrire dans l’annĂ©e des Outre Mers. L’objectif est certes d’amener les adhĂ©rents Ă  rĂ©flĂ©chir sur des sujets d’actualitĂ© mais Ă©galement, de par leur prĂ©sence Ă  Paris et la participation d’élus de tous les dĂ©partements de mĂ©tropole, d’inscrire dans les rĂ©flexions nationales la donnĂ©e Outre Mer comme apporteur de richesse.

Le public visĂ©, au-delĂ  des adhĂ©rents de l’association, sera donc les Ă©lus de France mĂ©tropolitaine Ă  travers les associations dĂ©partementales des Maires en partenariat avec l’AMF et les autres associations d’élus locaux. Au niveau des intervenants la prĂ©fĂ©rence sera pour des originaires des Outre Mers.

L’association fĂȘtera Ă  cette occasion son vingtiĂšme anniversaire puisqu’elle a Ă©tĂ© créée en 1991. Elle Ă©ditera Ă  1000 exemplaires un ouvrage, prĂ©facĂ© par la Ministre de l’Outre Mer, reprenant l’ensemble des motions et rĂ©solutions adoptĂ©es depuis 1991.

L’objectif est de rĂ©unir au moins 150 Ă©lus de l’Outre Mer et une centaine d’élus et de partenaires de mĂ©tropole.

Le congrĂšs se tiendra sur deux jours, les 14 et 15 Juin 2011.

Les trois premiĂšres demi-journĂ©es accueilleront un atelier sur l’évolution institutionnelle des diffĂ©rents territoires, un atelier sur la fiscalitĂ© en Outre Mer et un atelier sur la cohĂ©sion sociale.

La derniĂšre aprĂšs-midi sera consacrĂ©e Ă  la synthĂšse des travaux et au vote des motions ou rĂ©solutions. La Ministre de l’Outre-Mer, Madame Marie Luce PENCHARD, clĂŽturera les travaux.

Le thĂšme gĂ©nĂ©ral sera : “Quels avenirs pour les Outre Mers”

Les ateliers :

1)    Evolutions institutionnelles des différents territoires (Matinée du 14 juin)

Intervenants : Professeur Christian VITALIEN, consultant sur les politiques publiques nationales et européennes.

Professeur Ferdinand MELIN-SOUCRAMANIEN, Professeur Ă  l’universitĂ© de Bordeaux et constitutionnaliste.

Monsieur Daniel MUGERIN, avocat

En France mĂ©tropolitaine un processus d’évolution institutionnelle est en cours avec notamment la fusion des Conseils rĂ©gionaux et dĂ©partementaux et l’institution des nouveaux conseillers territoriaux, La RĂ©union sera concernĂ©e par cette Ă©volution dans le cadre du droit commun mais cette rĂ©flexion ne date pas d’aujourd’hui en Outre Mer. Le principe de l’AssemblĂ©e Unique, et plus rĂ©cemment les articles 73 et 74 de la constitution, ont Ă©tĂ© source de divisions et de dĂ©bats depuis de nombreuses annĂ©es. La Guyane et les Antilles continuent Ă  rĂ©flĂ©chir et Ă  dĂ©battre sur la forme et le contenu prĂ©cis de leur assemblĂ©e unique. Mayotte dans le mĂȘme temps change de statut pour adopter celui de dĂ©partement mais avec Ă©galement une nĂ©cessaire rĂ©flexion d’adaptation. Saint Martin et Saint BarthĂ©lĂ©my de leurs cĂŽtĂ©s pratiquent leurs nouveaux statuts. Dans le Pacifique, une nouvelle loi Ă©lectorale est en prĂ©paration pour la PolynĂ©sie française et la Nouvelle CalĂ©donie continue son processus d’équilibrage et de prĂ©paration Ă  la sortie des accords. C’est dire si sur le problĂšme des institutions et de la gouvernance l’Outre Mer français est riche non seulement d’idĂ©es et de propositions mais Ă©galement de pratiques. N’est-ce pas un bon projet que de partager entre les Outre Mers d’une part et avec la nation d’autre part toute cette richesse ?

2)    La fiscalité en Outre Mer (aprÚs-midi du 14 juin)

Intervenants : M. Georges PATIENT, Sénateur Maire de Mana, Guyane Française.

  1. Bernard CASTAGNEDE, Professeur université Paris 1 Panthéon-Sorbonne

La fiscalitĂ© est le premier levier de financement des collectivitĂ©s et l’Outre Mer a hĂ©ritĂ© de certaines spĂ©cificitĂ©s. FiscalitĂ© directe et fiscalitĂ© indirecte permettent aux collectivitĂ©s de bĂ©nĂ©ficier d’une certaine autonomie de gestion, encore faut-il que les recettes puissent ĂȘtre consĂ©quentes. Si les recettes directes par habitant sont infĂ©rieures Ă  celles de la mĂ©tropole, les recettes indirectes sont nettement supĂ©rieures. Les spĂ©cificitĂ©s sont nombreuses, on peut citer : la moindre capacitĂ© contributive des mĂ©nages d’oĂč des bases faibles, des bases cadastrales pas toujours fiables voire inexistantes pour certains territoires,  l’octroi de mer avec une Ă©chĂ©ance Ă  2014, le rĂ©gime de TVA
 autant de sujets Ă  approfondir pour prĂ©parer demain et assurer aux collectivitĂ©s des recettes amĂ©liorĂ©es.

3)    La cohésion sociale en Outre Mer (matinée du 15 juin)

Intervenants : M. Dominique WOLTON, Sociologue et directeur de recherches au CNRS – Mme Teaki DUPONT – ConseillĂšre rĂ©gionale de Bretagne-

MalgrĂ© des positionnements sur l’ensemble de la planĂšte et des spĂ©cificitĂ©s culturelles et gĂ©ographiques diffĂ©rentes, l’ensemble des Outre Mers se retrouvent sur la problĂ©matique de la cohĂ©sion sociale Ă  partir de situations sociologiques, Ă©conomiques et gĂ©ographiques similaires.

  • Les territoires sont le plus souvent exiguĂ«s, en situation d’InsularitĂ© et donc d’éloignement.
  • La densitĂ© de la population est forte.
  • Les ressources naturelles ne sont pas ou sont peu exploitĂ©es, Ă  l’exception de la Nouvelle CalĂ©donie.
  • Ils connaissent tous une exposition importante aux risques naturels.
  • Ils ont tous principalement une Ă©conomie d’importations.
  • Le tourisme est une donnĂ©e Ă©conomique majeure.
  • La jeunesse de la population est une rĂ©alitĂ© de mĂȘme que les taux de chĂŽmage.

De fait, les situations Ă©conomiques locales crĂ©ent des situations sociales difficiles et des besoins spĂ©cifiques en termes de cohĂ©sion sociale. Il faut donc dĂ©finir les objectifs et prĂ©ciser les moyens à  mettre en Ɠuvre pour les atteindre.

Des reprĂ©sentants du MinistĂšre de l’Outre Mer et des Ă©lus des diffĂ©rents territoires interviendront Ă©galement dans les diffĂ©rents ateliers.

Le 15 juin une grande soirĂ©e de gala clĂŽturera le congrĂšs avec des troupes des diffĂ©rents territoires en animation pour cĂ©lĂ©brer le 20Ăšme anniversaire de l’association.

Discours d'ouverture du Président de l'ACCD'OM

Madame la Ministre,
Mesdames et Messieurs les Parlementaires,
Monsieur le PrĂ©sident de l’Association des Maires de
France,
Mesdames et Messieurs les représentants des Conseils
Généraux et Régionaux,
Mesdames et Messieurs les Maires et élus communaux de
la Guadeloupe, de la Guyane, de la Martinique, de Mayotte,
de la Réunion, de Polynésie Française, de Nouvelle
Calédonie, de Wallis et Futuna, de Saint Pierre et Miquelon
et de métropole,
Mesdames et Messieurs les représentants des structures
intercommunales d’Outre-Mer,
Mesdames, Messieurs, chers amis, chers partenaires,
C’est un immense honneur et un immense plaisir pour le
bureau de l’A.C.C.D’.O.M. et pour moi-mĂȘme, de vous
accueillir ici, Ă  Paris, Ă  l’occasion du 20Ăšme CongrĂšs de notre
association, et en mĂȘme temps pour fĂȘter notre vingtiĂšme
anniversaire. Je vous souhaite Ă  tous la Bienvenue.
20ùme CONGRES DE L’ACCD’OM A BAGNOLET
Les 14 et 15 juin 2011
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Merci Ă  tous d’avoir rĂ©pondu si nombreux Ă  notre invitation,
en dĂ©pit des charges qui sont les vĂŽtres pour l’exercice de
vos fonctions, dont chacun de nous mesure
quotidiennement les difficultés.
Merci Ă  Monsieur Marc EVERBECQ, Maire de Bagnolet qui
nous accueille pendant deux jours dans cette magnifique
ville oĂč les ultramarins, nombreux, se plaisent Ă  vivre.
Merci Monsieur le PrĂ©sident de l’Association des Maires de
France, représentée par son vice président, Monsieur
Michel GUEGAN, de votre prĂ©sence et de l’attachement
que vous avez pour nos communautés et nos collectivités.
Enfin, je tiens Ă  vous remercier particuliĂšrement aussi,
Madame Marie Luce PENCHARD, Ministre chargée de
l’Outre Mer, de nous avoir fait l’honneur de votre prĂ©sence
pour l’ouverture de ce congrùs et pour votre soutien à notre
manifestation qui, je le rappelle, est labellisée dans le cadre
de l’annĂ©e des Outre Mers.
Aujourd’hui j’ai une pensĂ©e trĂšs spĂ©ciale pour mes
collĂšgues maires, anciens PrĂ©sidents de l’ACCD’OM et en
particulier pour ceux qui ont contribué à la création de notre
association. Ils mesurent certainement mieux que beaucoup
d’entre nous, le chemin parcouru depuis la signature des
premiers statuts en septembre 1991.
A tous ces prĂ©sidents qui m’ont prĂ©cĂ©dĂ©s : Messieurs
Gilbert ANNETTE, José TORIBIO, Garcin MALSA, JeanPierre Théodore ROUMILLAC, Roland ROBERT, qui a
effectué deux mandats, Hamada ALI HADHURI, JeanClaude Sulpice CHRISTOPHE, Harold MARTIN, bravo pour
votre détermination, votre persévérance et surtout pour
votre foi en l’utilitĂ© de ce merveilleux outil qui a permis de
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nous souder, de renforcer les liens entre les outre mers, audelà de nos différences, malgré parfois nos divergences, et
surtout grĂące Ă  notre condition commune : celle d’ĂȘtre Ă  la
fois « les confettis de l’Empire » qui permettent Ă  la France
de rayonner dans tous les océans du globe, mais aussi,
celle d’ĂȘtre riches de l’hĂ©ritage lĂ©guĂ© par nos ancĂȘtres
esclaves ; je veux parler de valeurs partagées de courage,
de charité et de liberté.
Oui, mesdames et messieurs, quels peuples mieux que les
nĂŽtres, peut parler de libertĂ© ? LibertĂ© d’ĂȘtre diffĂ©rents,
liberté de nous reconnaßtre une identité propre, liberté de
nous administrer et de légiférer sur des spécificités que
nous sommes mieux placés à connaßtre.
L’ACCD’OM a su avancer avec l’évolution des idĂ©es, avec
cette construction de notre identité.
En effet, débattant des difficultés liées à la gestion des SEM
d’Outre-Mer, et sous l’Ă©gide de la FĂ©dĂ©ration Nationale des
SEM, quelques Maires ultra-marins décidaient pour la
premiÚre fois, en 1991, de partager leur expérience et leurs
rĂ©flexions, rĂ©alisant, qu’en dĂ©pit des distances sĂ©parant
leurs rĂ©gions respectives, qu’en dĂ©pit Ă©galement des
particularismes liés à leur histoire, et à leur environnement
géographique, leurs préoccupations participaient de
problématiques souvent trÚs proches, voire identiques.
Le taux de chĂŽmage important des jeunes, les retards pris
en matiĂšre d’équipement handicapant le dĂ©veloppement
des régions ultramarines et leur isolement géographique
des centres de décision nationaux, une armature législative
et réglementaire inadaptée aux réalités locales ont été tous
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autant de points de convergence qui ont motivé la création
de l’ACDOM, il y a vingt ans.
Elle a Ă©tĂ© conçue pour ĂȘtre le tremplin d’une solidaritĂ© qui
s’annonçait Ă©vidente et de la formulation d’attentes fortes
des élus locaux. Elle devait également constituer une force
de propositions, un moyen de défendre nos particularismes
et nos souhaits de reconnaissance.
Depuis 1991, je pense que nous avons tous mesuré la force
que reprĂ©sente l’Outre Mer et l’intĂ©rĂȘt que revĂȘt aujourd’hui
l’existence de cette force unificatrice qu’est l’ACCD’OM.
L’approche Ă©goĂŻste et nombriliste que bons nombres de
maires parmi nous ont vĂ©cu Ă  l’époque, pour dĂ©fendre leurs
dossiers est, je l’espĂšre, rĂ©volue. Il importe que nous
trouvions dans notre association un outil pour porter des
causes pour lesquelles nous déployons inlassablement tant
d’énergie.
En effet, notre population attend de nous que nous fassions
reculer le seuil de l’explosion sociale, dont les dĂ©tonateurs
sont constamment activés par le niveau insupportable du
taux de chĂŽmage, l’acuitĂ© et la permanence de la crise du
logement, l’incertitude rĂ©currente des jeunes quant Ă  leur
avenir, la montĂ©e de la dĂ©linquance, l’importance des flux
migratoires et la faiblesse de leur contrĂŽle, l’insuffisance du
niveau des équipements structurants.
Pourtant, en dĂ©pit de l’avancement de certains de nos
dossiers et des réponses apportées à certains de nos
problÚmes, nous avançons encore en ordre dispersé,
parfois mĂȘme sur un mode concurrentiel ; en particulier
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quand il s’agit d’obtenir une aide financiĂšre europĂ©enne. Il
faut dire que les parts du gĂąteau sont souvent restreintes et
les plus débrouillards sont les mieux servis.
C’est la raison pour laquelle je crois fondamentalement que
l’ACCD’OM doit poursuivre son action. Celle qu’elle mùne
depuis 20 ans et dont les résultats sont indéniables.
Elle doit rester le relais et l’instrument complĂ©mentaire oĂč
s’expriment toutes les aspirations et les prĂ©occupations des
Ă©lus des communes d’Outre Mer, afin de les traduire en
motions, résolutions et propositions soutenues par tous, et
respectueuses de la volonté identitaire de chacun.
Depuis 1991, notre association a joué un rÎle éminent pour
la prise de conscience par les plus hautes instances
nationales que, maintenant, devaient ĂȘtre reconnues notre
volonté et notre capacité à prendre notre destin en main au
sein de la République.
De mĂȘme qu’il ne peut y avoir de doutes sur le fait que nos
rĂ©flexions et nos propositions aient pesĂ© d’un poids
dĂ©terminant pour la mise en chantier et l’adoption de
nombreuses lois.
C’est bien Ă  nos congrĂšs que furent posĂ©s en prĂ©curseur
des sujets comme l’esclavage crime contre l’humanitĂ©,
l’immigration clandestine en outre mer, l’histoire de l’outre
mer dans les livres scolaires, la protection des récifs
coralliens, etc.).
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Au-delà de la beauté de nos paysages, les congrÚs en outre
mer ont grandement participé au renforcement des liens
entre nos territoires.
Je citerai une phrase de mon ami et collĂšgue Garcin Malsa,
pour dĂ©finir l’ACCD’OM. Il a dit : « Nous ne sommes pas
qu’une simple association, nous perdurons à travers les
années et les océans. Aussi, aprÚs 20 ans de vie et
d’évolution, on a droit Ă  un certain respect ».
Mahorais, Néo Calédoniens, Polynésiens, Réunionnais,
Guyanais, Martiniquais, GuadeloupĂ©ens, Ă©lus de SaintPierre et Miquelon et de Wallis et Futuna, aujourd’hui, il
nous faut pourtant franchir une étape nouvelle. Celle
d’inscrire indĂ©niablement et rĂ©solument nos territoires dans
l’action du dĂ©veloppement durable, car nous dĂ©tenons la
part la plus importante de la richesse naturelle de la France.
Grñce à l’Outremer, la France est la deuxiùme puissance
maritime du monde.
Nos régions disposent des milieux marins les plus sensibles
de la planÚte, nos écosystÚmes sont vastes et avec une
surface quatre fois et demie plus petite que la métropole, les
collectivitĂ©s françaises d’outre-mer abritent
comparativement 100 fois plus de poissons d’eau douce, 60
fois plus d’oiseaux, 26 fois plus de plantes et 3,5 fois plus
de mollusques endémiques.
Ainsi, avec 3 450 variétés de plantes et 380 espÚces
d’animaux vertĂ©brĂ©s uniques au monde, l’Outre-mer
accueille autant d’espĂšces endĂ©miques que toute l’Europe
continentale ! Le milieu marin complĂšte ce formidable
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palmarÚs avec 10% des récifs coralliens et lagons de la
planĂšte.
La préservation de la biodiversité faunistique, floristique et
des paysages, plus riche que celle de toute l’Europe
continentale rĂ©unie, est donc d’une importance capitale.
Forte de cette rĂ©alitĂ©, l’ACCD’OM s’est mobilisĂ©e dans cette
voie en adhérant en 2002 au Comité 21dont elle est
devenue membre du Conseil d’administration.
Ce patrimoine naturel remarquable est toutefois fragilisé et
menacé ; son érosion progressive et dans certains cas
dĂ©finitive s’explique par l’existence d’un grand nombre de
menaces : urbanisation et construction d’infrastructures,
exploitation miniĂšre et forestiĂšre, intensification de
l’agriculture, invasion d’espùces exogùnes, pollutions,
changement climatique…
Depuis 400 ans, on recense 60 fois plus d’extinctions
globales dans les collectivitĂ©s d’Outre-mer qu’en mĂ©tropole.
La France se classe au 6e rang mondial pour le nombre
d’espĂšces d’oiseaux les plus menacĂ©es et au 2e rang pour
les chauves-souris.
Les forĂȘts sĂšches ou semi-sĂšches qui s’étendaient autrefois
le long des cÎtes ont quasiment disparu à la Réunion, 90%
d’entre elles ont Ă©tĂ© transformĂ©es en cultures ou habitats
secondaires en Nouvelle-CalĂ©donie : elles n’occupent plus
que 1 % de leur surface initiale.
Fondement pour l’avenir des populations d’Outre-mer
d’aujourd’hui et de demain, la prĂ©servation et la gestion
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durable de ce patrimoine biologique est un facteur clé du
dĂ©veloppement des collectivitĂ©s d’Outre-mer dont
l’intĂ©gration dans les politiques actuelles et Ă  venir est une
nécessité absolue.
C’est la raison pour laquelle dĂšs la premiĂšre rĂ©union de
bureau qui a eu lieu le 28 janvier dernier, la TrésoriÚre de
Guyane, Mme Sophie CHARLES, et Garcin MALSA de la
Martinique, ont été désignés pour mener une réflexion sur
ces questions au cours de ce mandat. Seront approfondies
notamment une analyse des Aires marines protégées et la
protection de nos ressources maritimes.
Enfin, une autre des grandes richesses de l’Outre-Mer c’est
que les institutions n’y sont pas figĂ©es. Il est plus facile de
les faire Ă©voluer et d’innover Ă  l’échelle de nos collectivitĂ©s
que pour l’ensemble de la RĂ©publique.
Bons nombres d’entre nous sont dĂ©jĂ  allĂ©es trĂšs loin dans la
voie de l’innovation. Nos collectivitĂ©s sont des champs
d’expĂ©rimentation dans tous les domaines. Qu’il s’agisse de
l’équilibre des institutions, de l’organisation administrative,
de la fiscalitĂ©, de l’emploi, du dĂ©veloppement Ă©conomique
ou de la solidarité sociale, nous devons innover.
Nous avons donc intĂ©rĂȘt Ă  connaĂźtre l’expĂ©rience des
autres.
C’est pourquoi ce vingtiùme Congrùs constitue une
excellente occasion de lancer le dĂ©bat sur l’avenir
institutionnel de nos régions, et en particulier eu égard au
contexte politique de la Guyane et de la Martinique qui
s’apprĂȘtent Ă  entrer dans une pĂ©riode de mise en Ɠuvre de
leur collectivité unique.
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Dans un tel contexte, que permettront de faire l’article 73 de
la Constitution, mais également la réforme fiscale adoptée
et celle des collectivités territoriales ?
Autant de cadres conjoncturels qu’il conviendra pourtant de
comprendre tant la complexité peut paraßtre insurmontable
pour nous Ă©lus d’outremer.
C’est en ce sens que l’expĂ©rience et la vision de nos
collÚgues de Métropole nous seraient profitables au cours
de ce congrĂšs.
Nous avons voulu, dans le cadre de l’annĂ©e des Outre
Mers, tenir notre congrùs à Paris et profiter de l’occasion
pour mieux faire connaßtre nos territoires et échanger avec
nos collùgues français de l’hexagone sur les thùmes de
notre congrÚs. Mais, hélas, nous constatons une fois de
plus que nos collÚgues français de France font peu de cas
de nos invitations, mĂȘme quand la manifestation est placĂ©e
sous le haut patronage du Président de la République. Sur
1250 invitations, seulement une cinquantaine de mot
d’excuse pour trois prĂ©sences. Merci Ă  ces trois d’ĂȘtre lĂ  !
L’annĂ©e prochaine, nous resterons chez nous, sur nos
territoires parce que nous avons pris « qu’ĂȘtre ensemble, se
parler, s’écouter » nous permettra d’ancrer nos rĂ©gions
dans le développement durable et solidaire que nous
souhaitons tous.
J’appelle de mes vƓux que nos problĂ©matiques communes
trouvent ici certaines réponses, et que singuliÚrement,
celles relatives Ă  l’assainissement, l’eau, les Ă©nergies, les
déplacements entre nos territoires, le chÎmage avec, en
toile de fond, le développement durable et solidaire soient
traitées de maniÚre transversales par rapport aux sujets
choisis pour nos ateliers, Ă  savoir, la fiscalitĂ©, l’habitat, la
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diversité culturelle et les évolutions institutionnelles de nos
territoires.
Je souhaite que nos débats contribuent à nous faire
avancer, contribuent également à mieux faire connaßtre nos
réalités ultramarines et confirment le rÎle moteur et
fĂ©dĂ©rateur de l’ACCD’OM pour nos territoires dispersĂ©s.
C’est donc avec une conviction profonde que j’envisage
l’avenir de l’A.C.C.D’O.M. et par extension, le
développement équilibré, durable et solidaire de nos
espaces.
Ensemble, relevons ce défi, serrons nous les coudes et
avançons unis pour ne parler que d’une voix pour nos
collectivités.
Je nous souhaite de bons travaux et de fructueux échanges.
Bon Congrùs à tous et vive l’ACCD’OM !
LE PRESIDENT DE L’ACCD’OM
EugĂšne LARCHER

Discours d'ouvertue de Mme Marie-Luce PENCHARD

Discours

de Mme Marie-Luce PENCHARD,

Ministre chargĂ©e de l’Outre-mer

* * *

Ouverture du 20ùme congrùs annuel de l’ACCD’OM

Mardi 14 juin 2011 Ă  08 H 30

 

Monsieur le Vice-PrĂ©sident de l’association des maires de France, cher Michel GUEGAN,

Monsieur le PrĂ©sident de l’ACCDOM, cher EugĂšne LARCHER,

Mesdames et messieurs les Parlementaires,

Mesdames et messieurs les Maires,

Mesdames et messieurs les élus,

Mesdames et messieurs,

Je tiens en premier lieu à vous remercier pour votre invitation et à vous dire ma grande joie d’ouvrir ce matin le congrùs de votre association.

Cette année 2011 présente deux caractéristiques majeures :

C’est l’annĂ©e des Outre-mer et c’est aussi les 20 ans de l’ACCDOM.

Alors avant tout chose, je voudrais souhaiter un trĂšs bon anniversaire Ă  votre association et fĂ©liciter toutes celles et tous ceux qui ont ƓuvrĂ©s pour faire en sorte que l’ACCDOM soit un acteur institutionnel reconnu dont tout le monde loue le travail de qualitĂ©.

2011, je vous l’ai dit, c’est l’annĂ©e des Outre-mer. Le PrĂ©sident de la RĂ©publique a voulu cette annĂ©e afin que le regard du grand public sur ces territoires change. Il s’agit en fait de montrer les richesses humaines, culturelles, stratĂ©giques et Ă©conomiques des outre-mer afin de mettre en lumiĂšre leurs atouts.

Que l’on songe Ă  la chance pour la France d’ĂȘtre prĂ©sente dans tous les ocĂ©ans, Ă  proximitĂ© de tous les continents et l’on comprend l‘enjeu gĂ©opolitique des outre-mer. Cette chance, elle vaut pour la France mais pour l’Europe Ă©galement. A mi-parcours, je veux dire que cette annĂ©e a connu de nombreuses rĂ©ussites : je pense au lancement de l’annĂ©e par la mise en lumiĂšre des 12 colonnes de l’assemblĂ©e nationale, au salon de l’agriculture, au printemps des poĂštes, Ă  l’hommage de la Nation Ă  AimĂ© CĂ©saire au PanthĂ©on, Ă  l’hommage rendu par le chef de l’Etat aux combats des esclaves le 10 mai dernier, au jardin en Outre-mer qui a attirĂ© 400 000 visiteurs, tous ces Ă©vĂ©nements ont prĂ©sentĂ© un visage valorisant des Outre-mer, loin des clichĂ©s qui parfois sont vĂ©hiculĂ©s injustement.

Mais ce n’est pas vous que je vais convaincre ce matin de la dimension exceptionnelle de vos territoires !

Alors, je voudrais mettre en perspective le travail réalisé par le gouvernement envers les territoires ultramarins et plus particuliÚrement en direction des collectivités.

Depuis 2007, le gouvernement entend nouer de nouvelles relations avec les territoires ultramarins. Il ne s’agit pas de dicter depuis Paris ce qui est bon pour les outre-mer, sans concertation ni vĂ©ritable dialogue. Le PrĂ©sident de la RĂ©publique appelle de ses vƓux des relations basĂ©es sur la responsabilitĂ© et le respect. DĂ©sormais, ce sont les territoires qui Ă©laborent leur stratĂ©gie de dĂ©veloppement et la meilleure organisation institutionnelle pour y rĂ©pondre. Dans cet esprit, le PrĂ©sident accompagne les demandes d’évolution lorsqu’il est saisi et le peuple s’exprime comme ce fut le cas Ă  Mayotte, en Guyane et Ă  la Martinique rĂ©cemment. C’est le jeu de la dĂ©mocratie et surtout l’assurance d’une vision partagĂ©e pour prĂ©parer au mieux l’avenir de ces territoires.

Et l’avenir, nous le prĂ©parons chaque jour dans un contexte de rĂ©formes, qu’il s’agisse de la fiscalitĂ© ou du droit applicable aux collectivitĂ©s locales.

Ce gouvernement rĂ©forme, ce gouvernement agit et l’Outre-mer s’inscrit pleinement dans cette dynamique impulsĂ©e par le chef de l’Etat.

Au sujet de l’organisation des compĂ©tences, la loi du 16 dĂ©cembre 2010 a en effet modifiĂ© en mĂ©tropole et l’articulation des moyens entre les rĂ©gions et les dĂ©partements, les communes et les intercommunalitĂ©s.

Vous ĂȘtes directement concernĂ©s par les mesures nouvelles qui visent Ă  moderniser et rationaliser les intercommunalitĂ©s, tout en prĂ©servant les communes comme premier lieu d’expression de la dĂ©mocratie locale, les « écoles primaires de la dĂ©mocratie » comme le disait Tocqueville. La loi de rĂ©forme des collectivitĂ©s territoriales a prĂ©vu un achĂšvement et une rationalisation de l’intercommunalitĂ© qui consiste d’une part, Ă  aboutir Ă  la couverture de la totalitĂ© du territoire par des EPCI Ă  fiscalitĂ© propre et d’autre part, Ă  rĂ©duire le nombre de structures intercommunales tout en rationnalisant la carte intercommunale.

Pour atteindre ces objectifs, la commission dĂ©partementale de coopĂ©ration intercommunale (CDCI) doit Ă©laborer un schĂ©ma dĂ©partemental de coopĂ©ration intercommunal (SDCI) qui devra ĂȘtre arrĂȘtĂ© pour le 31 dĂ©cembre 2011. Le prĂ©fet sera dĂšs lors chargĂ© de mettre en Ɠuvre ce SDCI et d’aboutir Ă  une couverture intĂ©grale du territoire pour le 30 juin 2013.

Les premiers Ă©lĂ©ments connus concernant l’élaboration des SDCI des DOM proposent plusieurs pistes intĂ©ressantes notamment une couverture de la totalitĂ© du territoire de la Guadeloupe par la crĂ©ation de trois nouveaux EPCI. Il est Ă©galement envisagĂ© de proposer, Ă  la RĂ©union, la fusion de deux communautĂ©s d’agglomĂ©ration (CIVIS et CA du Sud).

Dans un contexte gĂ©nĂ©ral des finances publiques trĂšs contraint, je peux vous confirmer que les ressources des collectivitĂ©s ultra-marines ont Ă©tĂ© prĂ©servĂ©es cette annĂ©e malgrĂ© une baisse des recettes pour le budget de l’Etat. Si, en 2011, la DGF n’est plus indexĂ©e comme les annĂ©es prĂ©cĂ©dentes, son montant progresse grĂące d’une part, Ă  des redĂ©ploiements internes Ă  l’enveloppe et d’autre part, Ă  des abondements externes acquis en loi de finances 2011.

De plus, la mise en place des nouveaux fonds liés à la réforme de la fiscalité a conduit à renforcer la péréquation.

A cet Ă©gard, il a Ă©tĂ© créé un fonds de pĂ©rĂ©quation sur le produit des DMTO (droits de mutation Ă  titre onĂ©reux) qui a bĂ©nĂ©ficiĂ© aux dĂ©partements de la Guadeloupe (7,1 millions d’euros) et la Guyane (8,6 millions d’euros). Il s’agit de recettes nouvelles pour ces collectivitĂ©s. Un fonds d’aide pour les collectivitĂ©s en difficultĂ© a Ă©tĂ© mis en place en 2010. Il a bĂ©nĂ©ficiĂ© Ă  la Guyane pour un montant de 2,5 millions d’euros.

 

La DGF des communes et de leurs groupements progresse de 0,43 % cette annĂ©e, pour un montant total de 23,68 Mds€. Celle de l’ensemble des communes d’outre-mer connaĂźt une progression supĂ©rieure Ă  +1,70 % (636,7 M€ en 2011).

La quote-part outre-mer de la dotation d’amĂ©nagement des communes d’outre-mer devrait quant Ă  elle progresser de 6,53 %.

Je voudrais aussi mettre en avant l’évolution significative du fonds de pĂ©rĂ©quation des recettes communales et intercommunales

La Loi de Finance Initiale 2011 institue un nouveau mécanisme de péréquation des ressources communales et intercommunales, en lieu et place des fonds départementaux de péréquation de la taxe professionnelle (FDPTP) qui entrera en vigueur au 1er janvier 2012.

En effet, conformément aux engagements pris par le Gouvernement, différents rapports ont été remis dans le cadre de la clause de rendez-vous de la réforme de la fiscalité locale prévue par la LFI 2010.

Ces rapports ont conclu à la nécessité de mettre en place un dispositif de péréquation des recettes fiscales des établissements publics de coopération intercommunale (EPCI) et des communes. Le Gouvernement a fait sien les recommandations de ces rapports.

Il entend fixer un objectif chiffrĂ© de pĂ©rĂ©quation Ă  l’horizon 2015, correspondant Ă  2 % des recettes fiscales des communes et des EPCI, et les principes de fonctionnement (alimentation et reversement) du fonds Ă  compter de 2012.

Un groupe de travail du comitĂ© des finances locales sur la pĂ©rĂ©quation horizontale est Ă  l’Ɠuvre. Il se rĂ©unit afin d’étudier les diffĂ©rents scĂ©narii possibles et de faire des propositions susceptibles d’ĂȘtre reprises dans le rapport que le Gouvernement doit remettre pour le 1er septembre 2011 et intĂ©grer ultĂ©rieurement dans le projet de loi de finances pour 2012.

Par ailleurs, je sais que certaines charges assumées par les collectivités territoriales ont augmenté notamment dans le domaine social.

Pour pouvoir les assumer dans de bonnes conditions, il est aussi possible de repenser l’organisation interne et de dĂ©gager des marges de manƓuvre en diminuant certaines dĂ©penses de fonctionnement non essentielles comme le fait l’Etat depuis 3 ans, depuis la mise en Ɠuvre de la RGPP.

En outre-mer comme ailleurs, si l’Etat n’est pas lĂ  pour se substituer aux collectivitĂ©s locales, je voudrais rĂ©affirmer que l’ingĂ©nierie de solidaritĂ© au profit des collectivitĂ©s les plus modestes se poursuit.

L’Etat continue notamment de jouer son rĂŽle de solidaritĂ© sur les dossiers car un certain nombre de politiques publiques nationales prennent en outre-mer un accent particulier puisqu’il s’agit de compenser d’importants retards structurels d’Ă©quipement de base: c’est le cas de l’eau potable, de l’assainissement, des dĂ©chets, de la politique du logement ou de la rĂ©novation urbaine.

Du fait de ces difficultĂ©s et de ces enjeux spĂ©cifiques, les services de l’Etat restent extrĂȘmement prĂ©sents aux cĂŽtĂ©s des collectivitĂ©s en termes de planification, de programmation et d’expertise technique. Eu Ă©gard aux besoins d’équipement et aux enjeux de santĂ© publique, de protection des populations, d’environnement et d’amĂ©nagement du territoire, les services dĂ©concentrĂ©s de l’Etat en outre-mer continuent de se mobiliser pour apporter conseil et appui aux collectivitĂ©s locales.

Des situations transitoires peuvent ainsi exister, notamment en Guyane et Ă  Mayotte oĂč des effectifs supplĂ©mentaires ont Ă©tĂ© maintenus et poursuivent leur mission d’ingĂ©nierie publique dans des conditions bien prĂ©cises.

Vous pouvez compter sur ma détermination pour que ce soutien aux collectivités qui en ont le plus besoin ou sur des dossiers particuliers.

A cet Ă©gard, je souhaite souligner l’exemple du Plan SĂ©isme Antilles, dont la mise en Ɠuvre constitue une prioritĂ© en matiĂšre de protection des populations. Il faut en particulier reconstruire ou renforcer aux normes parasismiques le maximum d’écoles primaires, le plus rapidement possible. Or les collectivitĂ©s locales rencontrent des difficultĂ©s de mise en Ɠuvre, malgrĂ© un financement quasi-total des opĂ©rations par l’Etat. Le ministĂšre de l’outre-mer a donc ƓuvrĂ© pour qu’une solution pragmatique soit trouvĂ©e pour renforcer l’appui aux collectivitĂ©s locales Ă  travers la crĂ©ation de 2 cellules d’assistance Ă  maĂźtrise d’ouvrage qui pourront bĂ©nĂ©ficier de crĂ©dits de fonctionnement du fonds de prĂ©vention des risques naturels majeurs et des programmes europĂ©ens.

Mais ce travail de rĂ©formes s’accompagne aussi de la dĂ©clinaison dans tous les territoires ultramarins des dĂ©cisions du premier Conseil interministĂ©riel de l’Outre-mer.

Tant de contre-vĂ©ritĂ©s circulent parfois sur l’application du CIOM
 je crois utile de vous prĂ©ciser que plus de 85 % des mesures sont appliquĂ©es ou en cours d’application. Le CIOM est une rĂ©ussite de ce gouvernement ! Il est la traduction concrĂšte des Ă©tats-GĂ©nĂ©raux pour lesquels je le sais, vous vous ĂȘtes beaucoup mobilisĂ©s.

Dans le domaine des transports collectifs, l’Etat s’était engagĂ© Ă  favoriser la crĂ©ation dans chaque dĂ©partement d’une autoritĂ© unique d’organisation des transports, ce qui a Ă©tĂ© fait dans le cadre de loi du 12 juillet 2010 portant engagement national pour l’environnement. Il Ă©tait Ă©galement prĂ©vu d’accompagner financiĂšrement les grands projets structurants. Dans le cadre de son appel Ă  projets « Transport Collectif en Site Propre », le ministĂšre de l’écologie a retenu le 8 fĂ©vrier 2011 quatre projets ultramarins :

– en Martinique : 1 ligne de bus sur l’axe Lamentin-Fort de France

– Ă  La RĂ©union : 1 ligne Ă  Saint Pierre de la RĂ©union

– en Nouvelle-CalĂ©donie : 1 ligne Ă  NoumĂ©a

– Ă  La RĂ©union : 1 ligne Ă  St AndrĂ© – Bras Panon – St Benoit

Dans le domaine du logement social, deux mesures importantes ont été adoptées :

  • un dĂ©cret du 9 novembre 2010 sur la surcharge fonciĂšre permet d’assouplir les conditions de participation des collectivitĂ©s locales aux projets de logements sociaux ;

  • le Parlement a adoptĂ©, dans le cadre de la loi de finances pour 2011, la cession par l’Etat Ă  titre gracieux de ses terrains.

Par ailleurs, la dĂ©cision a Ă©tĂ© prise de garantir les moyens budgĂ©taires de l’Etat sur 5 annĂ©es Ă  hauteur de 274 millions d’euros chaque annĂ©e.

PrioritĂ© a Ă©galement Ă©tĂ© donnĂ©e Ă  la rĂ©sorption de l’habitat insalubre : une circulaire a Ă©tĂ© adressĂ©e le 17 mai 2010 aux prĂ©fets sur la mise en place de pĂŽles dĂ©partementaux de lutte contre l’habitat insalubre et l’institution de plans communaux ; le gouvernement soutient Ă©galement devant le Parlement la proposition de loi dĂ©posĂ©e par le dĂ©putĂ© de la Martinique, Serge LETCHIMY.

Deux mesures en faveur des collectivités locales ont également réalisées :

le travail d’augmentation des ressources propres : la dotation « constructions scolaires » de Mayotte a Ă©tĂ© pĂ©rennisĂ©e et doublĂ©e en 2010 (+ 4,7M€) soit 9,4M€. La dotation spĂ©cifique de constructions scolaires a Ă©tĂ© Ă©tendue Ă  la Guyane Ă  hauteur de 10 M€ par an.

Plusieurs initiatives pour amĂ©liorer le rendement des impĂŽts actuels par un travail sur l’assiette et le recouvrement ont vu le jour. Ainsi, en Guyane, 700 000 € ont Ă©tĂ© engagĂ©s en 2010 au titre des crĂ©dits d’appui gĂ©rĂ©s par l’AFD sur diverses opĂ©rations concrĂštes visant Ă  amĂ©liorer la rentabilitĂ© des impositions et redevances locales.

Au cours de vos ateliers de travail, vous allez vous intéresser à la cohésion sociale. Là encore, le gouvernement a agit au travers du CIOM :

Ma prioritĂ©, vous le savez, c’est la lutte contre l’illettrisme. Il s’agit d’un devoir pour nous tous responsables politiques que de permettre Ă  chacun de maĂźtriser la lecture qui constitue la clĂ© de voĂ»te de tout apprentissage. C’est aussi un Ă©lĂ©ment fondamental pour l’exercice de notre libertĂ©.

La mission d’élaboration d’un plan de lutte contre l’illettrisme a Ă©tĂ© confiĂ©e aux sous-prĂ©fets Ă  la cohĂ©sion sociale et Ă  la jeunesse. Ce plan est signĂ© Ă  La RĂ©union, en Guyane et en Martinique. Il devrait pouvoir l’ĂȘtre trĂšs prochainement Ă  Mayotte et en Guadeloupe.

Par ailleurs, les sous-prĂ©fets Ă  la cohĂ©sion sociale et Ă  la jeunesse dĂ©clinent Ă©galement le plan « Agir pour la jeunesse » dans leur rĂ©gion. La rĂ©ussite scolaire des jeunes ultramarins en constitue l’objectif premier. A ce titre, deux Ă©coles de la 2Ăšme chance ont Ă©tĂ© financĂ©es en 2009 (Guadeloupe) et en 2010 (La RĂ©union). Un projet existe Ă©galement en Martinique. Un internat d’excellence a Ă©tĂ© mis en place en Guyane. Enfin, depuis la rentrĂ©e 2010, un collĂšge d’excellence sportive a Ă©tĂ© créé en Guadeloupe, au sein du CREPS de Pointe-Ă -Pitre La capacitĂ© d’accueil est de 150 places pour des Ă©lĂšves de la 4eme Ă  la seconde.

L’excellence est l’objectif poursuivi par deux autres mesures en faveur de notre jeunesse :

  • la fondation d’entreprises créée dans les Antilles, en partenariat avec le groupe Bernard Hayot et l’UAG afin d’aider les jeunes d’origine modeste Ă  accĂ©der Ă  des fonctions d’encadrement ou Ă  crĂ©er leur entreprise;

  • les Ă©changes universitaires prĂ©vus au titre des masters conjoints qui doivent faire l’objet d’une proposition de l’UAG dans le cadre de l’appel Ă  projets lancĂ© par le ministĂšre de l’enseignement supĂ©rieur et de la recherche.

Par ailleurs, HEC intervient en Martinique en partenariat avec la CCI pour un programme de formation adaptĂ© aux demandes des chefs d’entreprise et des TPE : le cycle d’enseignement supĂ©rieur aux affaires (CESA).

Un programme Ă©quivalent est en prĂ©paration en Guadeloupe en partenariat avec l’Institut supĂ©rieur du mangement et de l’entreprenariat (ISME). Les premiĂšres formations devraient intervenir dĂšs septembre prochain.

Enfin un projet de master conjoint UAG-HEC est également en préparation pour former des cadres de haut niveau pouvant « contribuer activement au développement régional et international de la zone caraïbe-Amérique ».

Autre point fort dans notre politique de cohésion sociale, le Service militaire adapté, vous le savez tous, vit actuellement une phase importante de développement voulue par le Président de la République

Puisqu’il sera en mesure, Ă  l’horizon 2013-2014, d’accueillir 6000 bĂ©nĂ©ficiaires parmi ceux de nos jeunes les plus en difficultĂ©, soit deux fois plus qu’en 2010.

Cette montée en puissance se traduit dÚs cette année par une offre supplémentaire de 1000 places.

Les Ă©quipes du SMA travaillent avec beaucoup d’ardeur et de gĂ©nĂ©rositĂ© Ă  l’atteinte de cet objectif ambitieux et les rĂ©sultats du dĂ©but de l’annĂ©e sont trĂšs encourageants.

Beaucoup en mĂ©tropole nous envient ce dispositif qui marque un effort important de l’Etat et qui contribue Ă  la richesse de nos Outre-mer.

Je note d’ailleurs que nombreux d’entre vous, en local, ont bien compris qu’il y avait lĂ  une chance supplĂ©mentaire pour l’insertion de notre jeunesse et pour notre avenir ;

Les actions de complémentarité et de mise en cohérence que vous entreprenez avec le SMA portent leurs fruits, je vous encourage donc à les poursuivre et à les multiplier


Avant de conclure, je voudrais dire Ă  tous les prĂ©sidents de collectivitĂ© et maires de l’Outre-mer que l’Etat se trouve Ă  leurs cĂŽtĂ©s pour faire progresser les dossiers de leur commune. Je voudrais aussi que vous sachiez toute ma considĂ©ration pour la mission qui est la vĂŽtre au quotidien. Le rĂŽle d’un maire est dĂ©terminant et souvent difficile. Alors, j’entends ĂȘtre auprĂšs d’eux pour faire bouger les choses et la porte de mon bureau rue Oudinot vous sera toujours ouverte.

Je vous remercie.

CongrĂšs

Intervention de la Présidente de l'AMEDOM

Quel avenir pour les Outre Mers ?

Outre mer et cohésion sociale

Intervention de Janine MAURICE-BELLAY, PrĂ©sidente de l’AMEDOM

 

 

Monsieur le Président,

Mesdames et Messieurs les Parlementaires,

Mesdames et Messieurs les Elus

Chers compatriotes,

Tout d’abord, Merci Monsieur le PrĂ©sident de m’avoir invitĂ©e Ă  participer Ă  ce colloque.

J’en suis vivement honorĂ©e et Ă  travers moi, tous les Ă©lus de mĂ©tropole issus de l’Outre-mer.

Votre initiative tĂ©moigne du vif intĂ©rĂȘt que vous portez aux actions engagĂ©es par l’AMEDOM et Ă  la situation de nos compatriotes vivant dans l’Hexagone. Je souhaite Ă  cet Ă©gard, sur les bases de notre partenariat naissant, que nous mettions ensemble, chacun Ă  la mesure des moyens respectifs, les facteurs de progrĂšs.

Une sociĂ©tĂ© oĂč rĂšgne la cohĂ©sion sociale, c’est une sociĂ©tĂ© qui fonctionne bien et oĂč les solidaritĂ©s entre les personnes existent. C’est dans ce sens que nous devons travailler pour les territoires d’outre-mer et l’hexagone.

L’annĂ©e 2011 consacrĂ©e Ă  l’outre-mer doit ĂȘtre aussi l’occasion de vĂ©rifier si le bien-vivre ensemble existe Ă  la fois en mĂ©tropole et dans les DOM/TOM.

Le concept de cohĂ©sion sociale ne peut ĂȘtre compris sans celui de continuitĂ© territoriale.

En effet, la solidarité et la conscience collective doivent jouer non seulement entre les DOM mais aussi avec la métropole. Nous devons nous attacher à ce que cette philosophie soit constamment présente et appliquée.

Vous l’avez soulignĂ© Ă  plusieurs reprises, les situations Ă©conomiques et sociales locales dans les territoires outre mer sont spĂ©cifiques. Par consĂ©quent, les besoins en matiĂšre de cohĂ©sion sociale le sont aussi.

L’AMEDOM, par ses composantes, c’est-Ă -dire des originaires de l’Outre-mer Ă©lus en mĂ©tropole, ne mĂ©connait pas les problĂ©matiques posĂ©s par ses compatriotes dans leurs territoires d’origine mais laisse Ă  l’ACCDOM, dont les actions pertinentes sont connues, de s’exprimer pleinement sur ce sujet.

En revanche, le prolongement en mĂ©tropole de divers problĂšmes doit conduire aussi Ă  les Ă©voquer avec les particularitĂ©s qui s’y rapportent et tenter de les rĂ©soudre.

Je serais particuliĂšrement ravie d’ĂȘtre le relais auprĂšs des nĂŽtres pour annoncer Ă  l’issue de nos travaux les pistes et les moyens susceptibles de rĂ©pondre leurs attentes.

Parmi les actions que nous souhaitons réaliser, poursuivre ou amplifier, je voudrais évoquer les thÚmes suivants:

. Le partenariat entre les collectivitĂ©s domienne et mĂ©tropolitaine doivent ĂȘtre une rĂ©alitĂ© et s’inscrire dans une dynamique renforcĂ©e. Les savoir-faire, les compĂ©tences, les expĂ©riences, doivent ĂȘtre partagĂ©es, diffusĂ©es, et mise au service de tous. Il est en effet indispensable de partager nos rĂ©flexions, mutualiser nos efforts, accroitre notre efficacitĂ©, conjuguer nos actions pour faire progresser, ensemble, la situation des ultramarins et en particulier celle de ceux qui vivent dans l’Hexagone loin des leurs.

L’élue rĂ©gionale en Ile de France que je suis n’est pas sans ignorer tout l’enjeu de ces sujets.

L’accĂšs au logement doit ĂȘtre une prioritĂ©. La dignitĂ© des hommes et des femmes passe d’abord par des conditions dĂ©centes de logements. Le logement, c’est le refuge qui fait partie de la dignitĂ© de la personne et qui donne la force d’avancer.

Il est insupportable de constater que les rares rĂ©ponses en matiĂšre d’attribution de logements sont l’assignation Ă  rĂ©sidence dans des zones de non droit. Nous devons nous organiser et agir avec force et vigueur pour que l’accĂšs Ă  des logements pour les primo arrivants se fasse dans des dĂ©lais acceptables et dans des conditions raisonnables.

Avoir une vraie adresse, c’est renforcer la confiance en soi, c’est le point de dĂ©part d’une nouvelle vie Ă  construire loin de son ile et des siens. C’est une forme de solidaritĂ© et un tremplin vers une sociĂ©tĂ© consciente de la nĂ©cessitĂ© du  « vivre ensemble ».

Peut-ĂȘtre aussi, serait-il nĂ©cessaire de mettre en place une action concertĂ©e auprĂšs des Pouvoirs Publics pour que des logements soient rĂ©servĂ©s dans les programmes de construction en mĂ©tropole.

. La discrimination

Depuis peu, l’action des Associations et des Pouvoirs Publics, a Ă©tĂ© trĂšs active dans la lutte contre les discriminations en MĂ©tropole. Elle a dĂ©montrĂ© que les discriminations ne sont pas une fatalitĂ© et qu’on peut lutter contre elles.

Beaucoup a Ă©tĂ© fait, mais ce n’est pas suffisant» a-t-on entendu du MinistĂšre de l’Outre-mer

Il faut qu’il y ait un vĂ©ritable partenariat avec l’Etat, que l’Etat assume sa mission dans ce cadre-lĂ , et qu’on ne laisse pas seule une association se dĂ©brouiller sur le terrain. La sanction est pĂ©dagogique. Il faut faire passer l’idĂ©e auprĂšs des entreprises que c’est fini le temps de l’impunitĂ©”.

L’Outre-Mer et les originaires d’Outre-Mer occupent une place particuliĂšre dans l’imaginaire national. On imagine des rĂ©gions baignĂ©es par le soleil oĂč il fait bon vivre, abondamment pourvues en subventions et dotations.

On les imagine aussi rentiers de l’Etat, grĂące Ă  l’argent-braguette des allocations familiales. La rĂ©alitĂ© des chiffres est pourtant bien Ă©loignĂ©e de ce fantasme collectif. Les français originaires d’Outre-Mer vivent au quotidien les refus de prĂȘts bancaires et de locations de logements, les exclusions des listes Ă©lectorales en position Ă©ligible, les discriminations Ă  l’embauche et Ă  la promotion sociale, les violences policiĂšres,…

Des actions ont été entreprises, il faut les poursuivre pour que le bien vivre ensemble ne soit pas une litote.

La discrimination au travail dans le secteur public

Au-delĂ  de la problĂ©matique issue de la discrimination en gĂ©nĂ©ral, figure avec un impact trĂšs significatif, la discrimination Ă  l’emploi dans les postes de la fonction publique en particulier dans le milieu hospitalier et la territoriale.

La raison cachĂ©e est le financement des congĂ©s bonifiĂ©s directement par l’employeur. Cela fait apparaitre un surcout propre aux ultramarins et devient un frein au recrutement. Nous ne pouvons l’accepter et nous mettons tout en Ɠuvre pour avoir des remontĂ©es d’information et mettre en place des mesures dissuasives. Il faut avoir connaissance de cette situation.

. L’assistance à l’installation

Beaucoup de nos compatriotes arrivent en mĂ©tropole en mĂ©connaissance des problĂšmes liĂ©s au quotidien. Je rĂ©pĂšte qu’il s’agit prioritairement de l’accĂšs au logement et de l’accĂšs Ă  l’emploi.

Il me parait indispensable d’unifier nos efforts pour que l’information puisse circuler efficacement d’une part, et, d’autre part pour qu’une rĂ©flexion et des rĂ©ponses soient apportĂ©es d’une maniĂšre efficace et tangible. Il est nĂ©cessaire que l’accompagnement soit une rĂ©alitĂ©.

D’une maniĂšre plus gĂ©nĂ©rale, nous devons tous, et notamment Ă  l’occasion de cette annĂ©e 2011 consacrĂ©e Ă  l’outre mer, faire entendre d’une seule voix les richesses mais aussi les besoins de ces territoires. C’est le meilleur moment de nous rassembler autour de propositions communes et de faire Ă©merger un vrai projet cohĂ©rent de dĂ©veloppement harmonieux des territoires d’outre mer.

Pour cela, nous devons appeler l’attention du gouvernement et solliciter son aide pour appuyer toutes ces dĂ©marches.

Je pense en outre que les Ă©lus locaux, les associations, sont un relais efficace pour mettre en place de nombreux projets. Les collectivitĂ©s doivent ĂȘtre sensibles Ă  leurs propositions, et apporter autant qu’elles le peuvent leur appui financier sur des projets innovants et permettant la mise ne valeur de nos richesses.

Dans son discours en novembre 2008 pour clore les Etats GĂ©nĂ©raux de l’Outre –mer, le PrĂ©sident de la RĂ©publique a annoncé  que:

L’Outre-mer a le droit Ă  la modernitĂ© et au progrĂšs.

L’Outre-mer a eu beaucoup de discours d’amour. L’Outre-mer attend des faits.

L’Outre-mer attend du respect, pas de la complaisance.

L’Outre-mer attend la chance du dĂ©veloppement Ă©conomique et pas la fatalitĂ© de l’assistance.

Nous attendons donc des faits.

Je vous remercie

Intervention du Pr.Ferdinand MELIN SOUCRAMANIEN

Synthùse de l’intervention du Professeur Ferdinand MELIN SOUCRAMANIEN

La différenciation statutaire érigée au principe.

 

Le verrou de l’unitĂ© catĂ©gorielle des collectivitĂ©s territoriales a sautĂ© depuis 1982 dans la jurisprudence constitutionnelle. La rĂ©forme constitutionnelle de 2003 a confirmĂ© cette Ă©volution Outre-mer.

Ce phĂ©nomĂšne a produit des consĂ©quences importantes en desserrant l’étau de l’unitĂ© et de l’indivisibilitĂ© de la RĂ©publique.

DĂ©sormais, ce sont les « statuts Ă  la carte » qui constituent la norme. Cependant, les mouvements actuellement Ă  l’Ɠuvre ne sont pas clairs. On en veut pour exemple les chemins empruntĂ©s en sens inverse en 2010 d’une part par Mayotte et d’autre part par la Martinique et la Guyane.

Au-delĂ  de ces Ă©volutions statutaires, ce qui ressort c’est que les collectivitĂ©s territoriales d’outre-mer sont en quĂȘte d’identitĂ©. Cette derniĂšre passe encore par une identitĂ© statuaire institutionnelle.

Il faut nĂ©anmoins reconnaĂźtre que celle-ci sert de paravent aux troubles sur l’identitĂ© de ces territoires et de leurs populations. En somme, les difficultĂ©s sont davantage sociologiques que juridiques.

 

SynthĂšse du CongrĂšs

SYNTHESE DU CONGRES par Laurence THEATIN :

Les outremers sont en train de jouer la carte de leur avenir. Avenir institutionnel qui ne semble pas trouver satisfaction dans le cadre institutionnel actuel parmi vous. Ces outre-mers vont donc devoir inventer de nouvelles institutions, sortir du cadre des articles 73 et 74, peut-ĂȘtre, et crĂ©er des institutions au service du dĂ©veloppement Ă©conomique, social et sociĂ©tal et d’ouverture sur le monde qui les entoure. Le dĂ©veloppement sociĂ©tal passe par le respect des identitĂ©s et ce respect des identitĂ©s passe par le respect des langues rĂ©gionales, facteur de cohĂ©sion sociale. Une cohĂ©sion sociale qui ne peut se faire sans un coup de pouce, notamment Ă  travers le microcrĂ©dit. Avec les taux de chĂŽmages les plus Ă©levĂ©s des rĂ©gions de l’Union EuropĂ©enne (donnĂ©es Eurostat 2009), les rĂ©gions d’Outre-mer ont un vĂ©ritable dĂ©fi social Ă  relever. Parmi eux, celui du logement social, qui doit faire avec une Ă©volution dĂ©mographique soutenue et des revenus faibles, face des besoins toujours aussi Ă©levĂ©s. En 2005, le dĂ©ficit de logement Ă©tait estimĂ© Ă  120 000 sur l’ensemble de l’Outre-Mer, aujourd’hui, pour les seuls DOM, sans Mayotte, il est de 100 000 logements. Par ailleurs, le quantitatif doit s’accompagner d’une diversitĂ© de l’offre et de politiques locales de l’habitat. Cependant, les Ă©lus ont Ă©voquĂ©s le manque de foncier disponible.

La cohĂ©sion sociale, c’est aussi la jeunesse qui se prend en main, Ă  condition qu’elle soit accompagnĂ©e, Ă  l’instar du projet City Vibes. Le dĂ©veloppement Ă©conomique et social a parmi ses outils la fiscalitĂ©. Et les changements institutionnels en cours vont entraĂźner des changements de rĂ©gime fiscaux. Face au dĂ©sarroi exprimĂ© par le sĂ©nateur et maire de Mana, en Guyane, Georges Patient, Bernard CastagnĂšde a plaidĂ© pour une rĂ©forme de l’octroi de mer, prenant en compte les services et une rĂ©orientation de la dĂ©fiscalisation en direction des PME et TPE. Bernard CastagnĂšde a pris l’exemple de Saint Martin pour inciter Mayotte Ă  la vigilance et Ă  adapter sa fiscalitĂ©.

Autant de collectivitĂ©s d’Outre-Mer, autant de rĂ©gimes fiscaux, autant de statuts diffĂ©rents. Illustration, selon Dominique Wolton de la richesse et de l’inventivitĂ© politique et institutionnelle qu’Ă  inspirĂ© l’Outre-mer Ă  la France. Dominique Wolton pour qui la diversitĂ© culturelle est une chance pour la France. L’avenir est dans le respect des identitĂ©s culturelles et dans le respect de l’environnement notamment Ă  travers les Ă©conomies d’Ă©nergie. Dominique Wolton plaide pour l’autre mondialisation. L’ingĂ©nieur en Ă©nergies Bruno Garnier plaide pour une autre construction, inspirĂ©e des techniques ancestrales.

Les Motions

Motion relative au logement

MOTION LOGEMENT

 

Les Ă©lus de l’ACCD’OM, rĂ©unis Ă  Bagnolet pour le 20Ăšme congrĂšs de l’association les 14 et 15 juin 2011

Expriment leur attachement Ă  une politique de solidaritĂ© dans l’accĂšs Ă  un logement digne pour les mĂ©nages ultra-marins.

Constatent que les besoins en logements sociaux restent Ă©levĂ©s malgrĂ© la relance amorcĂ©e en 2009 et surtout 2010 et que les taux d’effort des familles doivent ĂȘtre adaptĂ©s Ă  leurs revenus, en produisant plus de logements moins chers.

Demandent que le décret portant sur la dérogation de la participation des collectivités locales au financement des programmes de logements sociaux au titre de la surcharge fonciÚre soit prolongée au delà de 2011.

Constatent Ă©galement que les couteuses opĂ©rations d’amĂ©nagement sont aujourd’hui un frein Ă  la mise en place de la programmation de logements et par consĂ©quent,

Demandent que soit engagĂ©e avec les services de l’Etat une concertation pour identifier les pistes de financement possible.

Rappellent que la diversitĂ© des besoins du logement appelle Ă  la mise en place d’une accession sociale adaptĂ©e Ă  l‘outre-mer et que la dĂ©fiscalisation peut ĂȘtre une des sources de son financement.

Confirment l’importance d’une gouvernance locale des politiques de l’habitat et l’importance de la politique fonciĂšre pour la programmation de logements Ă  la faveur d’Ă©tablissement public foncier dans chaque territoire.

Motion relative aux énergies

MOTION SUR L’ENERGIE

 

Les Ă©lus de l’ACCD’OM rĂ©unis Ă  Bagnolet pour le 20Ăšme congrĂšs de l’association les 14 et 15 juin 2011

Constatent : Les collectivitĂ©s ultramarines sont beaucoup plus dĂ©pendantes du pĂ©trole que la mĂ©tropole ou ses partenaires europĂ©ens. Cette dĂ©pendance a d’ores et dĂ©jĂ  engendrĂ© des mouvements sociaux de grande ampleur dans tous les DOM :

  • L’électricitĂ© est fabriquĂ©e Ă  50% Ă  partir de pĂ©trole, contre moins de 10% en moyenne mondiale

  • Tous les modes de transports sont pĂ©trodĂ©pendants, et les besoins de transports sont importants (notamment maritimes et aĂ©riens) au vu de l’éloignement.

  • La taille des collectivitĂ©s est incompatible avec la possibilitĂ© de faire fonctionner des moyens lourds de production Ă©nergĂ©tiques.

Cette fragilitĂ© doit ĂȘtre aussi considĂ©rĂ©e comme une chance historique pour les pays europĂ©ens et pour l’outre-mer elle-mĂȘme. L’outre-mer peut ainsi jouer le rĂŽle prĂ©curseur de « laboratoire actif » testeur Ă  plus petite Ă©chelle des dispositifs permettant d’économiser l’énergie, et de produire des Ă©nergies renouvelables.

Demandent donc :

  • Que soient mis en place les outils nĂ©cessaires Ă  une politique Ă©nergĂ©tique ambitieuse.

  • Que ces outils soient Ă©valuĂ©s transversalement, par des personnalitĂ© politiques et sociales ainsi que des experts des diffĂ©rentes collectivitĂ©s et des diffĂ©rentes sensibilitĂ©s pour permettre d’identifier les initiatives les plus prometteuses, et Ă©tudier leur applicabilitĂ© dans les contextes des autres collectivitĂ©s.

Motion relative aux finances

FINANCES

Les Ă©lus de l’ACCD’OM, rĂ©unis Ă  Paris les 14 et 15 Juin 2011, ont travaillĂ© dans le cadre d’un atelier sur la fiscalitĂ©.

A l’issue de ces travaux, ils renouvellent les termes de la motion adoptĂ©e en 2010 et demandent
 :

  1. La mise Ă  jour des bases fiscales pour toutes les communes. Il appartient Ă  l’Etat d’assumer ses responsabilitĂ©s dans ce domaine, en dotant les services fiscaux de gĂ©omĂštres du cadastre supplĂ©mentaires.

  1. L’attribution d’une dotation spĂ©ciale de rattrapage Ă  tout l’outre mer et singuliĂšrement Ă  Mayotte aprĂšs son entrĂ©e dans la dĂ©partementalisation.

  1. L’organisation d’une importante rencontre au niveau de l’ACCDOM afin de sensibiliser l’Etat sur le maintien de l’octroi de mer ou la pĂ©rennisation d’une recette Ă©quivalente Ă  celui-ci.

  1. L’extension de la Convention AFD de 2009, aux communes de Mayotte.

  2. L’extension du plan COCARDE à tous les territoires.

  1. La rĂ©trocession aux communes de Guyane des 27 millions d’euros qui leur sont
    prĂ©levĂ©s au titre l’octroi de mer ainsi que le dĂ©plafonnement de la dotation superficiaire

  1. A l’Etat Ă  autoriser l’AFD Ă  prĂ©financer les subventions d’Etat.

  1. La prise en considĂ©ration immĂ©diate du recensement annuel de la population dans tout l’outre mer

  1. L’attribution d’aides par l’Etat pour la prise en compte de la totalitĂ© des problĂšmes

Sismiques.

Attirent l’attention de l’Etat sur les difficultĂ©s criantes que rencontre Mayotte, difficultĂ©s qu’il convient de rĂ©gler dans un dĂ©lai plus rapprochĂ© que celui prĂ©conisĂ©.

 

Discours de clÎture du Président EugÚne LARCHER

Mesdames et Messieurs les congressistes,

Au terme de cette deuxiÚme journée de travaux riches et fructueux avec des débats nourris et plusieurs motions qui ont vu le jour aprÚs la synthÚse des travaux, je voudrais vous remercier tous.

Vous avez participĂ© activement et assidument Ă  ces travaux, mĂȘme si le dĂ©calage horaire s’est fait sentir pour certains.

Merci Ă  tous les intervenants de qualitĂ© et pour la plupart, originaires de nos territoires qui se sont succĂ©dĂ©s pour nous Ă©clairer sur les problĂšmes d’évolution institutionnelle, sur les solutions possibles pour amĂ©liorer la cohĂ©sion sociale, sur les problĂšmes de la fiscalitĂ© et sur certains problĂšmes liĂ©s aux changements climatiques.

Merci Ă  tous les partenaires qui nous ont soutenu pour que cette manifestation puisse se tenir dans de bonnes conditions.

Merci Ă©galement Ă  tous ceux qui ont ƓuvrĂ© Ă  la bonne organisation et Ă  la bonne tenue de ce 20Ăšme congrĂšs qui, de mon avis a Ă©tĂ© excellent.

L’ACCD’OM a montrĂ© une fois de plus sa capacitĂ© Ă  rĂ©flĂ©chir, Ă  offrir Ă  ses adhĂ©rents un espace de partage et d’enrichissement, Ă  proposer des solutions pour adapter les lois et rĂšglements applicables Ă  nos territoires et Ă  attirer l’attention des pouvoirs publics, notamment de l’Etat, sur des problĂšmes spĂ©cifiques Ă  nos collectivitĂ©s.

Nous avons besoin de renforcer nos liens et de renforcer notre association.

Chacun d’entre vous est un ambassadeur de l’association et il vous appartient donc, une fois rentrĂ© dans vos territoires respectifs, de faire connaĂźtre cette manifestation, de faire connaĂźtre la richesse et l’intĂ©rĂȘt de nos rencontres.

Nous avons pu constater Ă  l’occasion de ce congrĂšs Ă  quel point, nous sommes peu pris en considĂ©ration, ici, en France hexagonale.

La tĂąche est immense pour nous faire reconnaĂźtre Ă  notre juste valeur et de notre cĂŽtĂ©, ambassadeurs des Outre Mers, notamment en France et en Europe, nous pourrons d’autant mieux jouer ce rĂŽle avec une association forte et unie.

Il nous appartient à nous de prendre d’abord conscience de notre richesse.

OUI, nous sommes riches, et nous apportons beaucoup à la France et à l’Europe.

Nous apporterons encore plus demain. Pour reprendre ce que disait Dominique WOLTON, ce matin : « La France a une chance folle d’avoir les outre mers mais elle n’en a pas conscience.»

Notre rĂŽle est donc de faire partager cette conscience de notre richesse chez nous et Ă  l’extĂ©rieur de chez nous.

Vous ĂȘtes ici prĂ©sents en tant qu’adhĂ©rents de l’ACCD’OM mais plusieurs d’entre nous exerçons parfois d’autres mandats dans d’autres structures.

Je compte sur vous pour faire un travail auprĂšs de vos collĂšgues pour que ces structures adhĂšrent Ă  l’association et viennent renforcer notre capacitĂ© Ă  Ɠuvrer pour la promotion, la dĂ©fense et le dĂ©veloppement de nos territoires.

Nos travaux sont terminés mais pas notre congrÚs puisque nous nous retrouvons ce soir pour notre soirée de gala.

A cette occasion, je vous le rappelle, nous fĂȘterons bien sĂ»r les 20 ans de l’association mais nous remettrons Ă©galement les prix de notre concours sur le dĂ©veloppement durable.

Notre 21e congrùs se tiendra dans l’un de nos territoires et j’espùre vous y retrouver tous.

C’est donc avec plaisir que je clĂŽture ces deux journĂ©es et que je vous donne rendez-vous ce soir Ă  20h.

EUGENE LARCHER

PRESIDENT DE L’ACCD’OM