ATELIER N° 1

 

EAU ET ASSAINISSEMENT EN PAYS INSULAIRES

 

 

Président : Maurice GIRONCEL

 

Rapporteur : Michel ROUSSON

 

Intervenants :

 

-         Benoît BOURGUIGNON, président du S.I.G.F. (Syndicat Intercommunal Grands Fonds)

 

-         Benoît GOURGAND I.G.N. (Institut Géographique National)

 

-         Philippe JUSIAK, Directeur du Syndicat Intercommunal d’Eau et d’Assainissement de Mayotte (SIEAM).

 

S.I.G.F.

 

Syndicat Intercommunal créé en 1972 ayant pour objectif « aider à servir de la bonne eau en tous lieux et en tout temps » est constitué par 4 communes : les Abymes, Gosier, le Moule et Morne-à-l’Eau.

 

Trente ans après il se trouve confronté à un investissement de plus de 15 millions d’euros à financer, pour faire fasse à une production insuffisante en période sèche, sachant que l’augmentation prévue de la population ainsi que l’augmentation de la fréquentation touristique ne permet déjà pas d’autonomie au-delà de 2 heures. Le stockage étant de 25 % des besoins, soit 4 000 m3 pour 15 000 m3 nécessaire.

 

Le réseau est vétuste avec un rendement médiocre.

 

Les investissements représentent dix années de recette. Les aides publiques sont absentes en 2005.

 

La nécessité d’une intercommunalité est flagrante et l’établissement de convention d’extension en zone frontalière s’impose pour améliorer la desserte.

 

L’aspect social doit être pris en compte pour l’importance vitale qu’est l’eau pour chaque citoyen. Pour les populations défavorisées, il est primordial de mettre en place des conventions de partenariats avec tous les intervenants sociaux.

 

Les investissements sont indispensables pour protéger les sources d’approvisionnement de toutes populations et renforcer la production.

 

Pour éviter de payer le double ou le triple, demain, il faut agir aujourd’hui.

 

Le tourisme est dépendant de la bonne gestion de l’eau et de l’assainissement de nos territoires.

 

 

I.G.N.

 

« Les bases de données pour une gestion durable de l’eau » :

 

La base de données de l’I.G.N.  Est un outil efficace pour la gestion durable de l’eau. Grâce aux cartographies issues de la base de données Carthage du ministère de l’environnement.

Ces cartographies mutualisent les données, qualité, quantité, usages et consommation, lieu de captage, données réglementaires et économiques ont identifié rapidement les pollutions par superpositions des données. On peut alors cibler les actions à mener pour corriger les risques de pollution, et cibler les ménages d’alerte par abonné.

 

Cet outil permet de définir une politique d’assainissement. Privilégier la réduction des pollutions à la source.

 

Une aide au montage du dossier pour l’obtention de subventions.

 

Le coût de la licence est de 4 100 € pour Mayotte, 8 100 € pour la Guadeloupe et la Martinique.

 

L’I.G.N. achète des droits d’utilisation de bases de données et elle assure de la mise à jour permettant de prendre en compte les travaux réalisés par les communes pour rendre un secteur non inondable.

 

L’achat de la licence en groupe donne droit à un tarif préférentiel de 1 200 € au lieu de
8 100 €  par exemple.

 

SIEAM

 

Syndicat constitué de 17 communes en 1992 pour une population de plus de 200 000 habitants pour 3 471 km2.

 

La forte migration alliée avec une topographie marquée par une zone de concentration, impose des actions immédiates qui nécessitent une modification de la réglementation, le permis de  construire est autorisé pour 170 m2 et le traitement individualisé est réglementé par un besoin de 600 m2.

 

Alors que les minis stations d’épuration ont montré leurs limites, il est urgent de faciliter l’installation de filières plantées ou autres installations qui portent l’abattement bactériologique à un niveau exceptionnel de 98 %.

 

La protection du lagon est indispensable pour promouvoir un tourisme durable.

 

 Pour 30 000 abonnés l’eau est récemment traité à niveau de 18 000m3/jour, la population est sensibilisée à l’utilisation de l’eau, y compris par son prix qui va de 0,80 centimes d’euro à
5 € au-delà de 100 m3 pour 6 mois d’utilisation.

 

Les besoins en investissement dépassent les 300 millions d’euros pour l’eau potable et autant pour l’assainissement sur une période de 20 ans.

 

Les objectifs sont de soutenir les techniques adaptées, faire évoluer la réglementation, mettre en place des outils d’incitation, obtenir les financements notamment par les fonds structurels européens.

 

O.N.G.  COEDADE complète qu’au-delà des actions couramment utilisées, il faut y adjoindre les nouvelles techniques de « Maison Autonome par la maîtrise de l’eau et l’énergie ».

 

Ces constructions permettent de collecter les eaux de pluies, de les stocker et de les traiter pour qu’elles soient potentiellement potable pour l’usage de la douche, du lave linge et garantie potable et la garantie potable pour la boisson. Un assainissement par un équipement individuel permet d’obtenir du méthane et hydrogène utilisable pour produire de l’électricité.

 

Les rejets de cet équipement servent à l’arrosage par goutte à goutte.

 

L’alimentation électrique se fait par panneaux photovoltaïques et petites éoliennes d’un poids de 8 kilos. L’eau chaude est produite par panneaux thermiques solaires.

 

Pour les productions d’eau il y a aussi les forages en bordures de mer et filtration par osmose. Les déchets sont valorisés par leur utilisation dans l’industrie cosmétique. Une société basée en Guadeloupe veut installer une usine de production.

 

Les élus de Guyane, Guadeloupe, Mayotte, Martinique, Nouvelle Calédonie, la Polynésie et la Réunion sont préoccupés par la nécessité économique de maîtriser l’eau et l’assainissement de ces territoires.

 

Notamment, les lagons de Mayotte, de la Polynésie et de la Réunion sont des joyaux de l’attrait touristique et l’action humaine risque de leurs porter un coup fatal.

 

Les pollutions par l’activité agricole, ou plus encore par les catastrophes naturelles (séismes, inondations, pollution par l’eau de mer) sont un dangers permanent.

 

Les prises de conscience des populations, des élus sont indispensables pour garantir l’approvisionnement en qualité et quantité de l’eau potable.

 

L’intercommunalité des communes sont une synergie à contractualiser, sinon, le potentiel touristique sera atteint et l’économie le sera également, et surtout la santé publique sera altérée.

 

Les investissements d’aujourd’hui seront les recettes économiques de demain.

 

L’ACD’OM alerte les pouvoirs publics sur l’urgence de prendre en compte ces problèmes de développement durable pour nos différents territoires.